Un mélange de nationalisme anti-européen et de racisme anti-arabe
Rome: Pour Radio-Vatican, le succès de Le Pen est une sonnette d’alarme
Rome, 26 avril 2002 (APIC) «Une grande sonnette d’alarme»: tel est le résultat du premier tour des élections présidentielles en France, selon Radio-Vatican. Pour son directeur Pasquale Borgomeo, Jean-Marie Le Pen a donné naissance à un populisme dans lequel se mélangent le nationalisme anti-européen et le racisme anti-arabe.
«En tout cas, il reste le fait que cette fois il n’y aura pas de second tour effectif. Jospin sort vaincu, Chirac reste, mais il est plutôt estropié, puisqu’un seul Français sur cinq lui a donné sa voix. Il gagnera au deuxième tour, c’est certain; mais il gagnera grâce à un vote que j’appellerais ’de santé publique’, et non sur la base d’un véritable choix politique», estime le père Borgomeo, jésuite, qui passé de nombreuses années à Paris, où il a fait ses études.
«La dernière campagne électorale – a expliqué le religieux – a donné la possibilité à Le Pen d’exploiter à fond le besoin de sécurité que les Français manifestent toujours plus face au déferlement de la criminalité, surtout dans les grandes périphéries».
En ce qui concerne l’avenir, et en particulier l’anti-européisme de Le Pen, selon le père Borgomeo, «c’est la démocratie qui doit s’interroger». Cela signifie, pour le directeur de Radio-Vatican, qu’il est temps, aussi bien pour la droite que pour la gauche, de revenir à la politique des projets, des grands idéaux, et d’une Europe des valeurs. «Si la politique languit et se perd dans de petits jeux de pouvoir, quelqu’un exhumera des haines de vieille date, des rancoeurs et des préjugés, et indiquera du doigt l’Europe comme l’ennemie à abattre, ou montrera le nationalisme fanatique comme une nouvelle planche de salut». (apic/vid/bb)




