Des décisions cruciales qui ne peuvent attendre
Rome: Pourquoi remettre la dette des pays pauvres?
Rome, 1er octobre 1998 (APIC) Le président du Conseil pontifical «Justice et Paix», Mgr François-Xavier Nguyen van Thuan, demande que des «progrès décisifs» soient faits sur la question de la dette extérieure. Dans un appel lancé jeudi aux responsables de la finance internationale et du développement, il insiste: «Si les espérances d’un certain nombre de personnes doivent se réaliser d’ici l’an 2000, les décisions cruciales doivent être prises maintenant».
Mgr van Thuan lance cet appel à l’occasion de la réunion annuelle des Gouverneurs de la Banque mondiale (BM) et du Fonds monétaire international (FMI) qui commencera ses travaux à Washington la semaine prochaine. Il salue les initiatives déjà prises: «Les institutions financières internationales, explique Mgr Van Thuan, ont adopté une initiative en faveur des pays pauvres très endettés, la première du genre à aborder de façon globale le problème de la dette dans ces pays».
Il en appelle aussi au soutien international. «Cette initiative, dit-il, a besoin d’un vaste appui spécialement de la part des nations riches. Elle doit être appliquée en entier, plus rapidement et de la manière la plus souple possible. Les besoins des pays pauvres ne doivent pas être considérés comme des besoins de second ordre». Pour l’archevêque, la situation demande des réponses sans délai. «Une intervention décisive en vue de résoudre leurs problèmes de dette et de parvenir à un développement socio-économique durable est une question vitale qui ne peut être remise à plus tard».
Un objectif du Jubilé de l’an 2000
Le président du Conseil pontifical «Justice et Paix» rappelle enfin que la question de la dette est l’un des objectifs fixés par Jean-Paul II pour l’An 2000, en accord avec la tradition biblique des Jubilés. Citant «Tertio Millennio Adveniente», il déclare: «Le pape Jean Paul II a fait appel aux chrétiens, proposant que le Jubilé de l’An 2000 soit un «moment favorable pour penser entre autres, à une réduction importante, sinon à un effacement total, de la dette internationale qui pèse sur le destin de nombreuses nations».
Soulignant la dimension oecuménique et humaine d’un tel appel, Mgr van Thuan ajoute qu’il a été repris par «d’autres responsables d’Eglises chrétiennes ainsi que par un très grand nombre de personnes et d’organisations». (apic/imed/ba)



