La curie romaine dresse un portrait élogieux du pape
Rome: Premier anniversaire de l’élection de Benoît XVI
Rome, 19 avril 2006 (Apic) Le pape Benoît XVI a fêté mercredi 19 avril le premier anniversaire de son début de pontificat. Interrogés par la presse italienne et française, des membres de la curie romaine sont sortis de leur réserve, ont donné leur avis sur une année de pontificat et dressé un portrait élogieux du pape allemand: morceaux choisis.
Pour le cardinal vicaire de Rome, Camillo Ruini, interviewé par le quotidien de la Conférence épiscopale italienne «Avvenire», «ce pape affronte les défis de l’histoire dans la perspective de la foi, en montrant que ce n’est pas quelque chose d’ajouté mais une réalité qui touche l’homme en profondeur». Abordant le thème de la laïcité, soulevé à plusieurs reprises par Benoît XVI, le cardinal Ruini souligne que le pape a «rappelé la distinction nette entre l’Eglise et l’Etat, entre la foi et la politique, expliquant en même temps que la laïcité doit être ouverte pour qu’elle puisse être fécondée».
Pour le vicaire de Rome, l’éthique est un autre thème crucial pour Benoît XVI «qui veut dire que l’autorité de l’Etat et la vie publique ne peuvent pas faire abstraction des grandes exigences de l’éthique, qui ont finalement leurs origines dans la religion, concrètement des sources éthiques que le Christianisme a ouvertes à l’Humanité».
Pour le cardinal Renato Raffaele Martino, président du Conseil pontifical Justice et Paix, «Benoît XVI est un pape qui cherche la collégialité de pensée et d’intention». «Ainsi sera l’Eglise du futur, empreinte entièrement de la collégialité : les cardinaux, en tant qu’étroits collaborateurs, seront appelés à agir ensemble et avec le pape», a-t-il ajouté dans un entretien au quotidien italien «L’Eco di Bergamo».
A propos de l’image de «gendarme de la doctrine» et de «gardien de la foi» que pouvait avoir le cardinal Ratzinger avant son élection, le cardinal Martino a souligné qu’il n’en restait plus «rien». «Des affirmations expéditives qui se sont tout de suite dissoutes», observe le cardinal, ajoutant qu’»une recherche du dialogue est apparue dès les premiers pas de son pontificat». «Le fait d’avoir reçu entre autres les lefébvristes en dit long sur son désir de retourner au dialogue, sans préjugés», a-t-il ajouté.
Plus de «fraternité et de paternité»
Quant au cardinal Francesco Marchisano, archiprêtre de la basilique Saint Pierre, il a été marqué par la transformation de Joseph Ratzinger qui de cardinal réservé s’est transformé en pape «très humain». «Quand j’ai rencontré le cardinal Ratzinger, il a toujours été très gentil, très serein, mais évidemment il avait un comportement un peu réservé, probablement lié à son rôle», a-t-il confié au quotidien italien «La Stampa». «En tant que pape, en revanche, il donne l’exemple d’une spiritualité chrétienne très humaine. Il suffit de voir comme il s’approche toujours plus des gens lors des audiences générales, avec plus de fraternité et de paternité».
Comme «exemple d’humanité», l’épisode qui a le plus marqué le cardinal Marchisano au cours de cette première année de pontificat a été la rencontre du pape avec le théologien contestataire Hans Küng. «Il l’a voulu à sa table et il sont restés ensemble pendant plusieurs heures, comme des frères», a-t-il affirmé.
Cet épisode a également beaucoup marqué le cardinal Tarcisio Bertone, archevêque de Gênes, interviewé par l’hebdomadaire catholique italien «Famiglia Cristiana». Outre ce repas historique, le cardinal s’est souvenu d’une intervention du pape allemand qui évoquait son enfance au cours d’une émission sur Radio Vatican : «Pour moi, la bonté implique aussi la capacité de dire ’non’, car une bonté qui laisse tout aller ne fait pas de bien à l’autre, quelque fois la forme de la bonté peut être celle de dire non et risquer ainsi la contradiction», avait alors confié Benoît XVI.
Le cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, a évoqué quant à lui la continuité de Benoît XVI avec son prédécesseur. Interrogé dans le quotidien français «La Croix», le cardinal allemand a rappelé que Joseph Ratzinger avait été le «collaborateur le plus étroit» de Jean Paul II, «impliqué dans toutes les décisions importantes». Constatant malgré tout «un changement de style», il a noté que Benoît XVI, lors des Journées mondiales de la jeunesse de Cologne en août 2005 n’avait «pas cherché à imiter Jean Paul II» et était «resté modeste, simple».
Le président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens a aussi affirmé que Benoît XVI était «différent du cardinal Ratzinger», expliquant qu’une nouvelle responsabilité «permet de développer des aspects autres de sa nature (.) comme sa sensibilité pastorale». Apic
Encadré
Benoît XVI remercie les fidèles de leur soutien et de leur indulgence
«Je sens toujours plus que, tout seul, je ne pourrais pas porter seul cette mission» qui m’a été confiée il y a un an, a confié Benoît XVI le 19 avril 2006, remerciant les fidèles de leur soutien et de leur indulgence. Le pape, qui s’exprimait à l’occasion de l’audience générale hebdomadaire place Saint-Pierre, est revenu avec émotion sur les premiers moments de son pontificat ouvert un an plus tôt, demandant aux pèlerins de prier afin qu’il soit «un pasteur doux et ferme» de l’Eglise.
«Au début de l’audience générale qui se déroule dans le climat joyeux de Pâques, je voudrais remercier avec vous le Seigneur, qui m’a appelé exactement il y a un an à servir l’Eglise comme successeur de l’apôtre Pierre et qui ne manque pas de m’assister avec son aide indispensable», a lancé Benoît XVI devant quelque 50’000 personnes rassemblées place Saint-Pierre.
«Comme le temps passe vite!», a renchéri le pape. «Une année est déjà passée depuis le moment où, de façon tout à fait inattendue et surprenante pour moi, les cardinaux réunis en conclave ont voulu choisir ma pauvre personne pour succéder au regretté et bien-aimé serviteur de Dieu Jean Paul II, pour succéder au grand pape Jean Paul II», s’est-il souvenu sous les applaudissements des fidèles. «Je me rappelle avec émotion du premier choc que j’ai eu depuis la loggia centrale de la basilique, juste après l’élection, avec les fidèles rassemblés en cette même place».
Selon la coutume, le pape a ensuite lu les résumés des catéchèses dans les différentes langues, saluant différents groupes de pèlerins, dont les séminaristes du diocèse de Fréjus-Toulon, accompagnés de leur évêque Mgr Dominique Rey, qui lui ont chanté «joyeux anniversaire».
Benoît XVI a décollé à 10h de Castelgandolfo pour rejoindre le Vatican et arriver vers 10h35 place Saint-Pierre. Après l’audience, il devait repartir en hélicoptère pour sa résidence dans le sud-est de Rome, d’où il rentrera définitivement le 21 avril dans l’après-midi. Le pape est attendu à 18h à l’auditorium de la capitale italienne pour un concert à l’occasion de la commémoration annuelle de la «naissance de Rome», en présence du président de la République, Carlo Arzeglio Ciampi. (apic/imedia/cp/ar/pr)




