Il appelle à une journée de pénitence pour les prêtres pédophiles
Rome: Première prédication de l’Avent du prédicateur de la Maison pontificale
Rome, 15 décembre 2006 (Apic) Le prédicateur de la Maison pontificale, le père capucin Raniero Cantalamessa, a appelé devant Benoît XVI à une journée de pénitence pour les prêtres pédophiles. Il a tenu vendredi sa première prédication de l’Avent à la curie romaine sur le thème des béatitudes évangéliques, dans la chapelle Redemptoris Mater du palais apostolique.
«L’Eglise a pleuré et soupiré dans une période récente pour les abominations commises en son sein par certains de ses propres ministres et pasteurs», a souligné le prédicateur devant le pape. «Elle a payé un prix très élevé pour cela», a-t-il constaté. «En même temps que les réparations, des règles sévères ont été données pour empêcher que ces abus se répètent».
«Après l’urgence, a déclaré le capucin, le moment est venu de faire la chose la plus importante de toute: pleurer devant Dieu, s’affliger comme on afflige Dieu, pour l’offense faite au corps du Christ et le scandale causé aux plus petits de ses frères, plus que pour le dommage et le déshonneur qui nous frappe». «C’est la condition pour que de tout ce mal puisse advenir le bien et s’opère une réconciliation du peuple avec Dieu et ses propres prêtres», a encore soutenu le père Cantalamessa.
Il a ainsi demandé «de dédier un jour de jeûne et de pénitence, au niveau local ou national, là où le problème a été le plus fort, pour exprimer publiquement la pénitence devant Dieu et la solidarité aux victimes, opérer en somme une réconciliation des âmes et reprendre un chemin d’Eglise, restaurés dans le coeur et dans la mémoire».
Face aux scandales des prêtres pédophiles qui a en particulier et notamment frappé l’Eglise aux Etats-Unis, le père Cantalamessa a aussi souhaité que les fauteurs s’abstiennent de tout commentaire. «Il y a une chose que ces frères devraient absolument éviter de faire et que certains, malheureusement, cherchent au contraire à faire : profiter du tapage pour tirer avantage de leur propre situation, en donnant des interviews, en écrivant des mémoires, pour tenter de faire retomber la responsabilité sur leurs supérieurs et sur la communauté ecclésiale. Ceci relève d’une dureté de coeur vraiment dangereuse».
«L’athéisme militant»
Le père Cantalamessa a par ailleurs centré son prêche sur «l’athéisme militant et agressif». «Le refus systématique du Christ de la foi, au nom d’une recherche historique ’objectivé, n’est pas moins douloureux aujourd’hui pour le fidèle chrétien», a ainsi indiqué le prédicateur, qui a estimé que Jésus a été «modernisé, ou mieux, postmodernisé».
«La tendance à revisiter le Christ du point de vue de sa propre époque ou de sa propre idéologie a toujours existée», a-t-il constaté. Mais, «dans le passé, bien que très discutables, c’étaient des choses sérieuses et de grand esprit : le Christ idéaliste, romantique, libéral, socialiste, révolutionnaire. Notre époque, obsédée par le sexe, ne réussit pas à le penser en dehors de problèmes sentimentaux», a regretté le père Cantalamessa. Il a enfin souligné que ce «postmodernisme, qui directement ou indirectement, inspire des romans, films et spectacles et influence aussi les recherches historiques» est né aux Etats-Unis. Le prédicateur de la Maison pontificale avait fustigé le film le Da Vinci Code au cours de ses prédications de Pâques, en avril 2006. (apic/imedia/hy/pr)



