Tour d’horizon de l’actualité avec Mgr Tauran
Rome: Préoccupation du Saint-Siège pour la situation internationale à la veille de Noël
Rome, 23 décembre 2002 (APIC) Le «ministre des Affaires étrangères» du Vatican, Mgr Jean-Louis Tauran, fait part de la grande préoccupation du pape et de la curie romaine concernant la situation internationale, dans un entretien au quotidien italien «La Repubblica» publié le 23 décembre 2002. Au menu de l’entretien: l’Irak, Bethléem et les relations avec le patriarcat de Moscou.
Alors que les menaces d’une guerre en Irak se font plus précises et que la ville de Bethléem est toujours encerclée par l’armée israélienne à la veille de Noël, le prélat appelle les parties en conflit au respect du rôle «irremplaçable» de l’ONU.
Interrogé tout d’abord sur la situation en Irak, Mgr Jean-Louis Tauran invite les Etats-Unis ainsi que les pays européens «à épuiser tous les moyens que le droit international nous donne» et «à faire intervenir les pays alliés pour conjurer le désastre que serait une guerre».
«L’usage des armes n’est pas une fatalité», ajoute le prélat faisant toujours allusion aux menaces d’attaques souhaitées par Washington et Londres en Irak. Il rappelle que le concept de «guerre préventive» n’est pas prévu par la charte des Nations Unies.
«Il est important que les responsables irakiens sachent régler leurs actions politiques selon le code de conduite imposé par l’appartenance à la communauté internationale. Mais rien ne doit être décidé indépendamment de l’ensemble des pays et des institutions internationales».
Noël sous la surveillance des blindés israéliens
Mgr Tauran en vient ensuite à parler du conflit israélo-palestinien en Terre Sainte, «la mère de tous les conflits». «Alors que la situation est déjà désastreuse, vient s’ajouter maintenant la perspective d’un Noël à Bethléem, durant lequel le libre accès à la basilique de la Nativité pourrait être interdit, limité ou surveillé par les chars».
Le secrétaire pour les relations avec les Etats se dit alors «particulièrement préoccupé par le fait que l’on ne veuille plus parler d’Etat palestinien». «Le processus de paix, désormais pratiquement mort, devait avoir pour objectif, la coexistence d’un Etat palestinien et d’un Etat israélien», rappelle-t-il en citant la résolution des Nations Unies de 1948. «Si tel n’est plus l’objectif, à quoi sert le processus de paix?».
Moscou: pas au beau
Dernier point abordé avec Mgr Tauran: les relations avec Moscou et le patriarcat. Le patriarche de Moscou invite en effet Jean-Paul II à «renouer» le dialogue, alors que Mgr Tauran déplore des relations oecuméniques toujours plus difficiles avec les orthodoxes.
Dénonçant une nouvelle fois une campagne «anti-catholique» après l’expulsion de plusieurs ecclésiastiques depuis le début de l’année, l’archevêque se dit «navré» par la dernière attaque survenue il y a quelques jours. Un quotidien moscovite, «La Gazette», révélait en effet l’existence d’un rapport gouvernemental qui classait les organisations religieuses selon la menace qu’elles représentent pour la Fédération de Russie. «L’Eglise catholique est en première place, avant même Al-Quïda!», accuse Mgr Tauran qui affirme avoir convoqué, le 14 décembre dernier, l’ambassadeur de la Fédération de Russie pour lui faire part de son indignation.
Le 22 décembre, toutefois, les voeux du patriarche de Moscou, Alexis II, sont parvenus au Vatican, détendant un minimum les relations entre les deux parties. S’adressant à Jean Paul II, le patriarche invite le chef de l’Eglise catholique «à renouer (leurs) contacts fraternels». «Nous vous envoyons nos voeux cordiaux à l’occasion de la venue du Seigneur, notre sauveur sur la terre», écrit Alexis II, promettant au pape qu’il prierait spécialement à son intention à Noël pour que Dieu lui accorde «une existence paisible». (apic/imedia/pr)



