Il invite les non-croyants à ne pas oublier Dieu
Rome: Présentation à la presse du dernier livre du cardinal Ratzinger, aujourd’hui Benoît XVI
Rome, 22 juin 2005 (Apic) Le cardinal Joseph Ratzinger, aujourd’hui le pape Benoît XVI, a invité les non-croyants à ne pas oublier Dieu, dans le dernier ouvrage publié sous son nom de cardinal, le premier édité depuis son élection.
Le volume «L’Europa di Benedetto nella crisi delle culture» – «L’Europe de Benoît dans la crise des cultures»*, publié en italien a été présenté à la presse le 21 juin au soir, au siège romain du journal italien «Il Tempo». Le cardinal Camillo Ruini, vicaire de Rome et président de la Conférence épiscopale italienne, et Marcello Pera, président du Sénat italien qui a préfacé le livre, participaient au débat de présentation. Le secrétaire particulier de Benoît XVI, Georg Gaenswein, assistait à cet événement.
Le livre est un recueil de trois conférences données par le cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi et doyen du sacré collège. La première, sur le thème «que signifie croire», a été donnée en 1992 à Bassano del Grappa, en Italie, alors que le cardinal recevait le prix «Ecole et culture catholique». La seconde a été prononcée en 1997 au colloque du «Mouvement pour la vie», sur le thème «le droit à la vie et l’Europ». Enfin la dernière conférence publiée dans ce livre, sur le thème de «la crise des cultures», a été tenue par le cardinal Ratzinger, le 1er avril 2005, à la veille de la mort de Jean Paul II, à Subiacco – où saint Benoît de Nurcie fonda son premier monastère au VIe siècle – alors qu’il recevait le prix «saint Benoît pour l’Europe» de la Fondation «Vie et Famille». Cette fondation a collaboré à la publication du présent ouvrage.
«Dans ces thèmes, a souligné le cardinal Camillo Ruini, le cardinal Joseph Ratzinger a abordé les points fondamentaux de la culture européenne en rapport avec le christianisme qui a reçu son empreinte culturelle et intellectuelle en Europe» et «qui y reste ainsi inscrit de façon particulière».
L’appel aux laïcs
C’est ce lien, a observé le cardinal, qui «aujourd’hui est remis en cause et risque d’être coupé non par accident, mais à cause d’une logique interne rationaliste qui semble dominer l’Europe». Cette rationalité, a rappelé le président des évêques italiens que «l’auteur définit comme scientifique et fonctionnelle». C’est à cause de cette rationalité que, «Dieu n’existe pas ou du moins ne peut être accepté et par conséquent qu’aucune référence à lui ne peut être faite dans la vie publique».
Ainsi, le cardinal Ruini a résumé l’appel lancé aux laïcs par le cardinal Ratzinger dans son livre: «que ceux qui n’arrivent pas à trouver la voie rationnelle dans l’acceptation de Dieu cherchent alors à vivre, voire à orienter leur vie, comme si Dieu existait».
Dans le débat qui a suivi la présentation officielle du livre, le cardinal Ruini a rappelé que l’Eglise de la péninsule n’avait pas l’intention de demander la re-discussion de la loi 194 sur l’avortement. Pour lui, en la matière «le jugement moral de l’Eglise est clair», mais une discussion pourrait avoir des résultats «dommageables». Après le succès de l’abstention au référendum italien sur la procréation médicalement assisté le 12 juin dernier, une polémique est née en Italie sur la possibilité de revoir la loi sur l’avortement. Un premier référendum avait été organisé en 1981 à ce sujet. Les Italiens avaient alors rejeté toute modification de la loi. Le cardinal italien a aussi rappelé la condamnation de l’Eglise quant aux mariages et unions homosexuelles. Après l’adoption de législation permettant ces mariages, en Hollande, Belgique, Espagne et Suisse, l’Italie réfléchit à la possibilité d’autoriser ces unions sur le modèle français (PACS).
Les écrits du cardinal Ratzinger connaissent des ventes-records depuis son élection, le 19 avril 2005. Pour contrôler l’ensemble de ces publications, Benoît XVI a confié à la Librairie éditrice vaticane, «l’exercice et la tutelle» de tous ses droits d’auteurs avant et après son élection. C’est ce que le cardinal secrétaire d’Etat, Angelo Sodano, avait indiqué dans un communiqué et un décret, le 1er juin dernier. Ainsi, la maison d’édition Cantagelli publie L’Europa di Benedetto nella crisi delle culture en accord et en collaboration avec la Librairie éditrice vaticane.
Désormais, c’est la Librairie éditrice vaticane qui gèrera «perpétuellement et pour le monde entier», l’ensemble des droits d’auteur et «tous les droits exclusifs d’utilisation économique des actes, des oeuvres et des écrits» rédigés par le pape avant et après son élection.
C’est aussi la Librairie éditrice vaticane qui gérait les droits d’auteurs et contrats littéraires de son prédécesseur Jean Paul II. Elle était chargée de vendre les droits des ouvrages du pape à de grands éditeurs italiens et de sous-traiter les droits de traduction et les droits de vente internationaux.
L’ensemble des bénéfices des oeuvres littéraires de Jean Paul II, ses droits d’auteur, ont été destinés à des institutions caritatives travaillant dans différents domaines. Jean-Paul II avait ainsi destiné une grande part des revenus de Entrez dans l’espérance à la reconstruction d’églises catholiques et orthodoxes dans les pays des Balkans dévastés par la guerre. *éditions Cantagalli, 8,80 euros, 143 pages
(apic/imedia/hy/pr)



