Rome: présentation du «motu proprio» «Vitae mysterium» du pape (010394)

Le document instaure de fait l’Académie pontificale pour la vie

Le professeur Lejeune présidera la nouvelle Académie

Rome, 1ermars(APIC) Le cardinal Fiorenzo Angelini, président du Conseil

pontifical pour la pastorale des services de santé, a présenté mardi à Rome

un nouveau document instaurant l’Académie pontificale pour la Vie. Il

s’agit d’un «motu proprio» de Jean-Paul II intitulé «Vitae mysterium» (Le

mystère de la vie).

«L’Eglise, par mandat du Christ, est tenue d’illuminer les consciences

des hommes autour des exigences morales qui proviennent de leur nature». Ce

principe est rappelé dans le motu proprio «Vitae mysterium» du 11 février

dernier par lequel Jean-Paul II a créé une Académie pontificale pour la

vie.

Le cardinal Angelini, président du Conseil pontifical de la pastorale

des services de santé, en a présenté les finalités, en compagnie notamment

de l’archevêque de New-York, le cardinal John Joseph O’Connor.

Cette nouvelle Académie sera présidée par le professeur français Jérôme

Lejeune, 67 ans, généticien notamment connu pour sa découverte de la trisomie 21, membre de diverses autres académies, dont l’Institut de France et

l’Académie pontificale des sciences. Gravement malade, le professeur Lejeune n’était pas présent mardi lors de la présentation du document. Les autres membres ne sont pas encore connus, mais on sait que cet aréopage sera

composé d’un conseil de cinq membres, d’un conseiller ecclésiastique et de

soixante-dix membres, tous nommés par le Pape, sans compter des membres par

correspondance.

Des serviteurs de la vie

Ces membres seront choisis ès qualité, quelles que soient leurs convictions religieuses. Toutefois, le cardinal Angelini a précisé qu’ils devront

souscrire à une «attestation des serviteurs de la vie», sorte de «promesse»

de fidélité au magistère de l’Eglise, «pour ce qui constitue la promotion

et la défense de la vie de sa conception à son terme naturel». Il ne s’agira donc pas pour eux d’afficher leur engagement pour les dogmes de l’Eglise

mais bien leur «orthodoxie», c’est-à-dire d’être des militants sans

faiblesse contre «l’avortement, la contraception, l’euthanasie et tout ce

qui attente à la vie».

Le motu proprio spécifie que cette Académie aura pour «tâche spécifique

d’étudier, d’informer et de se pencher sur les principaux problèmes de biomédecine et de droit, relatifs à la promotion et à la défense de la vie,

surtout dans leurs liens directs avec la morale chrétienne et le Magistère

de l’Eglise». «L’Eglise ne se préoccupe pas seulement d’affirmer son propre

enseignement sur la vie, a expliqué le cardinal Angelini, mais elle entend

oeuvrer pour que celui-ci soit diffusé, expliqué, défendu avant tout pour

le peuple chrétien, et par conséquent pour tous les hommes».

Depuis l’institution en 1985 d’une Commission pour les services de santé, devenue depuis Conseil pontifical, il s’agit donc, aux yeux du cardinal

Angelini, d’un «chemin cohérent dans la promotion de cette ’culture de la

vie qui, dans la pensée du Saint-Père, est un ’moment fondamental de la

mission de l’Eglisé de notre temps».

Recevant ce même mardi l’assemblée plénière du Conseil pontifical de la

pastorale des services de santé, Jean-Paul II a déclaré: «Le don de la vie

est attaqué et dévalué, au-delà du sort de millions d’enfants à naître,

par les très nombreux enfants condamnés par la haine et le calcul égoïste à

ne pas avoir d’avenir». (apic/sv/pr)

1 mars 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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