Le Vatican affronte la question: 40 spécialistes en débat
Rome: Problème de la déshumanisation des personnes en état végétatif permanent
Rome, 16 mars 2004 (Apic) Faut-il oui ou non supprimer l’alimentation et l’hydratation des personnes en état végétatif permanent? Le Vatican entend affronter le problème de la déshumanisation des personnes qui vivent dans cet état. Une quarantaine de spécialistes du monde aborderont la question. 370 personnes de 42 pays se sont inscrites pour participer au débat.
L’alimentation et l’hydratation peuvent-elles être considérées comme un acharnement thérapeutique? Telles sont les questions qu’ont décidé d’affronter des scientifiques guidés par l’Académie pontificale pour la vie, au cours d’un congrès qui se tiendra du 17 au 20 mars 2004 à l’université pontificale «Augustinianum». Le thème du congrès sera «les traitements de soutien vital et l’état végétatif. Progrès scientifiques et dilemmes éthiques».
Lors d’une conférence de presse organisée le 16 mars 2004, le président de la Fédération internationale des associations internationales des médecins catholiques (FIAMC), Gianluigi Gigli, a souligné que la discussion éthique actuelle dans ce domaine «tourne autour de l’hypothèse d’une suspension de l’hydratation et de la nutrition des patients vivant dans un état végétatif».
Pour lui, «l’alimentation et l’hydratation ne sont pas une thérapie et elles ne sont surtout pas disproportionnées. C’est une attention qui est due aux patients». La morale de l’Eglise catholique «condamne l’acharnement thérapeutique» mais il s’agit, dans ce cas, de «respecter simplement la vie biologique et de respecter une personne qui reste humaine jusqu’au bout et qui a le droit d’être nourrie, soignée et hydratée». «Les soins proportionnés ou disproportionnés, a-t-il ajouté, dépendent de chaque personne et il est impossible de dresser des classements systématiques».
Ce thème, a précisé le scientifique, «est d’intérêt général pour la profession médicale, mais aussi pour la société civile». «Une société sans solidarité vis-à-vis des personnes les plus faibles risque de tomber dans la barbarie», a-t-il prévenu.
Le cheval de Troie de l’euthanasie
Pour lui, trois risques sont à prendre en compte. Celui de savoir «qui décide» de suspendre l’alimentation et l’hydratation. Un «pouvoir énorme serait alors remis dans les mains de personnes qui ne veulent pas forcément le bien des patients». Le deuxième risque – déjà apparent – serait «l’extension de ce problème à d’autres conditions cliniques comme la démence».
Gianluigi Gigli a enfin signalé que «derrière la porte, se trouve le cheval de Troie de l’euthanasie». En exemple, il a cité les mots du responsable d’une association internationale en faveur de l’euthanasie qui, après que l’on ait laissé mourir de faim et de soif une femme australienne atteinte de démence, avait affirmé qu’il «aurait mieux valu lui faire une injection létale».
Un autre problème souligné par ce neurologue italien ainsi que par le neurologue américain, Alan Shewmon, est celui des «nombreuses erreurs de diagnostic» et «des inconnues scientifiques concernant les capacité de récupération de ces personnes», classées dans la catégorie des états végétatifs, qu’ils soient temporaires ou permanents.
Le président de la FIAMC a par ailleurs déclaré que ce congrès avait eu beaucoup de problèmes pour trouver des sponsors «parce qu’il n’y a pas d’intérêts économiques liés à cette démarche de maintenir les patients en vie». Il a pourtant précisé que plus de 370 personnes se sont inscrites pour y participer, venant de 42 pays dont l’Arabie Saoudite, Israël ou le Kazakhstan.
40 personnes parmi les scientifiques les plus pointus dans ce domaine, selon Gianluigi Gigli, interviendront aux cours des trois jours de congrès qui pourraient se terminer par une audience avec Jean Paul II. (apic/imedia/pr)



