Rome: Professeur tunisien pour une vraie interprétation de la Djihad: pas une guerre sainte
«Les guerres menées au nom de la Djihad sont fausses»
Rome, 15 mai 2001 (APIC) La Djihad islamique n’a rien à voir avec une quelconque «guerre sainte» offensive. Le professeur Mohammed Charfì, ancien ministre de l’Education tunisien, a participé à un congrès sur le thème «Religion, droits de l’homme et éducation», le 11 mai à Rome.
Le professeur tunisien a dénoncé l’interprétation de la Djihad en tant qu’action offensive. Les violences abusives proviennent pour lui d’une confiscation de la religion par la politique.
«Dans le Coran (60, 8-9 et 2, 186), la Djihad est définie comme une action de légitime autodéfense, et jamais comme une action offensive, a affirmé le professeur Charfì lors de sa conférence organisée par l’Institut Pontifical des Etudes Arabes et Islamiques à Rome, en collaboration avec la Fondation Bradley.
Le professeur Charfì a expliqué qu’il y a eu des «guerres, des abus et des violences, uniquement lorsque la religion a été confisquée par la politique», lorsque la politique abuse de la religion et viole les droits de l’homme. Le professeur tunisien a précisé sa pensée, rappelant que «les trois religions monothéistes (le judaïsme, le christianisme et l’islam) sont porteuses d’un message d’amour et de charité. Avec ce message, les rabbins, les prêtres et les imams ont élaboré des codes législatifs. Les hommes de foi ont ainsi constitué un pouvoir moral parallèle au pouvoir civil».
Evolution en cours dans 80% des pays musulmans
L’ancien ministre tunisien a précisé que, parmi les pays islamiques, seuls l’Iran, l’Afghanistan et le Soudan ont une vision plutôt radicale de l’islam. Six pays ont gardé une vision traditionnelle, mais dans 80% des pays musulmans, une importante évolution est en cours. Selon le professeur Charfì, «dans cette partie majoritaire du monde musulman les châtiments corporels et la peine de mort pour les apostats ont été abolis, et les femmes sont plus ou moins émancipées».
L’ancien ministre de l’Education a expliqué que la coutume de couper les mains «appartient à une tradition tribale». «Aujourd’hui, aucun pays ne punit le vol d’une vache ou d’un chameau par cette forme de mutilation», a-t-il ajouté. En ce qui concerne la peine de mort, a-t-il précisé, «il n’y a aucun verset du Coran qui soutient la peine capitale pour les apostats».
Etude des droits de l’homme en Tunisie
«Le vrai problème, a-t-il expliqué, est que l’éducation ne va pas dans ce sens, car on a encore très peur du changement. Dans le monde musulman tout le monde a peur de supprimer la charia (loi islamique)».
Actuellement, la pensée moderne des réformateurs n’a été introduite qu’en Tunisie. C’est pour cela que le système scolaire est en pleine évolution. «Nous sommes en train de former une jeunesse de croyants et de pratiquants, pas de bigots», a souligné le professeur Charfì.
Pour illustrer ses propos, il a raconté que «chaque année scolaire, du primaire jusqu’au lycée, les élèves lisent et commentent la Déclaration universelle des Droits de l’homme. La septième année d’école, les élèves font une comparaison entre la table des Dix commandements et les versets du Coran». (apic/zn/bb)



