Rome: Publication de la lettre apostolique «Apostolos suos»

Respect des minorités et service de la vérité, note Mgr Ratzinger

Rome, 23 juillet 1998 (APIC) La règle de «l’unanimité» requise pour qu’un document issu d’une Conférence épiscopale constitue un «magistère authentique» est demandée en vertu respect dû aux minorités et parce que «le principe de la majorité s’arrête, lorsqu’il s’agit de la recherche de la vérité» a souligné jeudi à Rome le cardinal Joseph Ratzinger. Le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi présentait la nouvelle lettre apostolique du pape jean Paul II «Apostolos suos» sur la «nature théologique et juridique des conférences des évêques».

Les Conférences épiscopales sont aujourd’hui au nombre de 108 dans le monde auxquelles s’ajoutent 12 organismes régionaux plus vastes, mais dont les compétences ne sont pas les mêmes.

Pour le cardinal Ratzinger, la règle du respect des minorités est d’autant plus nécessaire que des organismes comme les Conférences épiscopales représentent déjà une communauté «beaucoup plus vaste», et qui «ne parle pas». La règle de l’unanimité (ou celle de la majorité qualifiée des deux tiers et la reconnaissance du Siège Apostolique) est aussi requise, continue le Préfet, parce qu’il s’agit de la recherche de la vérité, à laquelle aucune majorité ne peut rien changer. C’est, précise-t-il, également le principe adopté dans les conciles oecuméniques de la «majorité morale»:

Entre également en ligne de compte la responsabilité personnelle de chaque évêque dans les décisions prises par les conférences épiscopales. Les décisions ne sont pas «anonymes», mais engagent la responsabilité personnelle de l’évêque devant Dieu, devant l’Eglise et devant les hommes, «en profonde communion avec les autres évêques». Une communion qui s’exerce justement «visiblement» par l’instrument qu’est la conférence épiscopale. C’est ainsi, explique encore le prélat, que s’équilibrent l’aspect «personnaliste» (contre l’anonymat) et l’aspect de «communion» (contre l’individualisme) du ministère de l’évêque.

Mgr Monterisi, Secrétaire de la Congrégation pour les évêques, a rappelé de son côté toutes les étapes de la consultation des évêques en préparation à ce document dont l’élaboration a duré plus de 10 ans. La consultation a commencé au lendemain du synode des évêques 1985.

Mgr Herranz, président du Conseil pontifical pour l’interprétation des textes législatifs, souligne que la nouveauté la plus importante de ce document concerne l’autorité des déclarations doctrinales des Conférences épiscopales. A cet égard, les intervenants de la conférence de presse sont unanimes à dire que les documents émanant des commissions ou même du conseil permanent n’ont qu’une valeur «d’orientation», ou «d’information» en attendant une éventuelle prise de position à un «niveau supérieur», celui de la conférence. Ils n’ont en aucun cas une valeur d’obligation pour les fidèles. Ces documents ne peuvent pas être publiés au nom de la conférence et on ne peut en aucun cas écrire «les évêques de tel pays disent que», lorsqu’il s’agit du fruit du travail d’une commission.

Trois autres nouveautés apportées par ce document: la nécessité que le président et le vice-président d’une Conférence épiscopale soient des évêques diocésains et non pas auxiliaires. Dans le même sens le texte demande d’éviter que la majorité d’une Conférence épiscopale soit composée d’évêques auxiliaires qui n’ont pas une pleine responsabilité pastorale dans les diocèses. Enfin le pape relève le caractère «opportun» de prévoir à l’intérieur des Conférences épiscopales la présence d’évêques émérites, avec vote consultatif de façon à ce que la Conférence bénéficie de leur expérience pastorale.

Pour le cardinal Vlk, président du conseil des Conférences épiscopales européennes (CCEE),la nécessité des Conférences épiscopales et de leur travail est d’autant plus grande dans les pays de l’ancien bloc communiste, que, selon lui, la «tactique diabolique» du régime communiste était de «détruire la communion et l’unité de l’Eglise», en la «privant de sa tête», en «empêchant l’exercice du ministère épiscopal». (apic/imed/mp)

20 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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