Une riche illustration: une quinzaine d’images didactiques

Rome: Publication du Compendium du catéchisme de l’Eglise

Rome, 28 juin 2005 (Apic) Le Compendium du catéchisme de l’Eglise catholique signé par Benoît XVI le 28 juin 2005 et publié le même jour dans sa version italienne, est un abrégé du Catéchisme de 1992 auquel il se réfère. Contenant «de façon concise tous les éléments essentiels et fondamentaux de la foi de l’Eglise», selon le pape, il n’a pour nouveauté que sa forme de dialogue et son intégration d’images à valeur didactique.

Le Compendium du catéchisme est une «sorte de vademecum qui permet aux croyants et aux non croyants d’embrasser d’un regard d’ensemble le panorama entier de l’Eglise catholique», a déclaré Benoît XVI dans le Motu Proprio introduisant le document qu’il a ainsi promulgué le 28 juin 2005. C’est une «synthèse fidèle et sûre» du Catéchisme de l’Eglise catholique, qui «contient de façon concise tous les éléments essentiels et fondamentaux de la foi de l’Eglise». Selon lui, «par sa concision, sa clarté et son intégrité», ce document «s’adresse à toute personne qui, vivant dans un monde dispersé aux messages multiples, désire connaître la Chemin de la Vie, la Vérité confiée par Dieu à l’Eglise de son Fils».

Dans son Motu Proprio, Benoît XVI a aussi rappelé les origines du projet du Compendium. Il a souligné qu’il s’inscrivait dans la suite du Catéchisme de l’Eglise catholique publié en 1992 avec une version revue en 1997, dont «la grande utilité et préciosité ont été confirmées» par son accueil auprès de l’épiscopat mais aussi par «toutes les composantes du peuple de Dieu». Il a aussi précisé que le document reflétait «fidèlement dans sa structure, ses contenus et son langage le Catéchisme de l’Eglise catholique». Il a encore assuré qu’il ouvrait dans cette synthèse «une aide et un stimulant pour être davantage connu et approfondi».

Disponible en deux formats

Dans son texte introductif, le pape a finalement remis «avec confiance» ce Compendium «à l’Eglise entière» et «à chaque chrétien, pour que grâce à lui, il puisse retrouver en ce troisième millénaire, un nouvel élan dans l’engagement renouvelé d’évangélisation et d’éducation à la foi, qui doit caractériser chaque communauté ecclésiale et chaque croyant dans le Christ, quel que soit l’âge et la nation auquel il appartient».

Disponible dans sa version italienne en deux formats (petit et moyen) pour le prix de 9 euros 50, le Compendium est structuré en 598 questions développées sur 205 pages. Il est précédé du Motu Proprio «pour l’approbation et la publication du Compendium du Catéchisme de l’Eglise catholique», adressé par Benoît XVI aux cardinaux, patriarches, archevêques, évêques, prêtres, diacres et «à tous les membres du peuple de Dieu», suivi d’une introduction signée le 20 mars 2005 par le cardinal Ratzinger, président de la Commission spéciale responsable de la rédaction du Catéchisme.

Dans son introduction, le cardinal Ratzinger, futur pape Benoît XVI, a souligné que le Catéchisme de l’Eglise catholique restait «le texte de base de la catéchèse ecclésiale d’aujourd’hui» et que le précis ne cherchait pas à s’y substituer. Au contraire, il «y renvoie de façon continue avec l’indication ponctuelle de chiffres de référence, par le rappel constant à sa structure, à son développement et à ses contenus». Ainsi, par exemple, le point 386 répondant à la question «qu’est-ce que la foi ?» renvoie aux numéros 1814, 1815, 1816 et 1842 du «Catéchisme de l’Eglise catholique». Les cinq lignes de l’Abrégé renvoient aux quelque 25 lignes de la version développée.

Pour le cardinal Ratzinger, les trois caractéristiques principales du Compendium sont «l’étroite dépendance» avec le catéchisme de l’Eglise catholique, son genre dialogique et l’utilisation d’images dans les catéchèses.

Rien de nouveau, sinon un autre dialogue

En effet, si aucune nouveauté en terme de contenu n’a été apportée au Catéchisme de l’Eglise catholique de 1992, la forme dialogique «qui reprend un antique genre littéraire catéchétique, fait de questions et de réponses», a cette fois été choisie. Le cardinal Ratzinger l’explique ainsi: «il s’agit de proposer à nouveau un dialogue idéal entre le maître et le disciple, à travers une séquence pressente d’interrogations qui impliquent le lecteur l’invitant à poursuivre dans la découverte des aspects toujours nouveaux de la vérité de sa foi». Par ailleurs, ce genre permet l’abréviation du texte, «le réduisant à l’essentiel». Enfin, «cela pourrait favoriser l’assimilation et l’éventuelle mémorisation des contenus», espère-t-il. Le catéchisme de Pie X prenait cette forme dialogique.

Ainsi, à la question «qu’est-ce que la foi ?» par exemple, le Compendium répond: «La foi est la vertu théologale par laquelle nous croyons en Dieu et à tout ce qu’il nous a révélé et ce que l’Eglise nous propose de croire, parce que Dieu est la Vérité même. Avec la foi l’homme s’abandonne librement à Dieu. Ainsi celui qui croit cherche à connaître et à faire la volonté de Dieu, pour que la foi opère par la voie de la charité» (Gal 5,6). A la question «Qu’est-ce que le péché ?», la réponse est: «Le péché est une parole, un acte ou un désir contraire à la Loi éternelle» saint Augustin. C’est une offense à Dieu, dans la désobéissance à son amour. Il blesse la nature de l’homme et atteint la solidarité humaine. Christ dans sa Passion révèle pleinement la gravité du péché et le vainc par sa miséricorde».

En outre, pour conforter certains propos, des citations de pères de l’Eglise et de saints comme saint Augustin, saint Ignace d’Antioche, saint Thomas d’Aquin, saint Jean de la Croix ou encore le curé d’Ars ont été insérées à la fin de certaines réponses.

Iconographie chrétienne intégrée

Par ailleurs, contrairement à la version longue, des images «provenant du très riche patrimoine de l’iconographie chrétienne», ont été intégrées à la version brève. «On apprend de la tradition conciliaire pluriséculaire» – par exemple le Concile de Nicée II en 787 – «que l’image est aussi prédication évangélique», justifie le cardinal Ratzinger dans son introduction. «Les artistes de tous temps ont offert à la contemplation et à l’admiration des fidèles les faits saillants du mystère du salut, les présentant dans la splendeur de la couleur et dans la perfection de la beauté» et, «aujourd’hui plus que jamais dans la civilisation de l’image, l’image sacrée peut exprimer beaucoup plus que la parole même, du moment qu’elle est d’une autre façon efficace dans son dynamisme de communication et de transmission du message évangélique».

L’image a une valeur esthétique, mais aussi anamnestique (de rappel des mystères du salut), catéchétique et théologique, souligne en outre le secrétaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi Mgr Angelo Amato dans un entretien donné à la presse le 28 juin. «Le nouveau catéchisme pour adultes» publié par la Conférence épiscopale italienne le 25 mai 1995 et «Le Catéchisme en bref et en images de l’Eglise catholique», publié en France sous la direction du cardinal Jean Honoré, en 2002, avaient utilisé ce principe.

Quinze reproductions de peinture ou de sculpture au contenu catéchétique ont ainsi été insérées entre les parties, sections ou chapitres du Compendium, chacune y étant expliquée de façon pédagogique. Ainsi, une petite icône illustre le livre en quatrième de couverture. Il s’agit d’un détail d’une pierre sépulcrale chrétienne des catacombes de Domitille à Rome, dont l’origine remonte au 3e siècle. «L’image bucolique d’origine païenne est utilisée par les chrétiens comme symbole de repos et de la béatitude, que l’âme du défunt trouve dans la vie éternelle», peut-on lire dans le Compendium.

Parmi les autres reproductions figurent «L’icône du Christ» Pantocrator venant du Monastère Stavronikita sur le Mont Athos de Théophane de Crête (1546), l’Enluminure sur les jours de la création», tirée de la Bible de Souvigny et conservée à Moulins, une reproduction des mosaïques de l’abside de la basilique romaine saint Clément, les «Mosaïques de l’Incarnation» de la Chapelle Redemptoris Mater du palais apostolique ou encore «Le sermon sur la montagne» de Frangelico à Florence.

Une construction en quatre parties

Quant à la construction du Compendium, elle ne diffère guère de celle du Catéchisme. Le nouveau précis s’articule en quatre parties, chacune divisée en deux sections, «en lien avec les lois fondamentales de la vie du Christ», souligne le théologien allemand. Ainsi la première partie, intitulée «La profession de foi» contient une synthèse de la «lex crescendo», c’est-à-dire de la foi professée par l’Eglise catholique. La seconde partie, intitulée «La célébration du mystère chrétien» présente les éléments de la «lex celebret», soit la vie sacramentelle de l’Eglise catholique. La troisième partie, intitulée la «Vie du Christ» rappelle la «lex vivendi», c’est-à-dire «l’engagement que les baptisés ont de manifester dans leur comportement et dans leurs choix éthiques la fidélité à la foi professée et célébrée». Cette partie touche à la vocation de l’homme, à la dignité de la personne humaine et à la communauté humaine. Enfin, la dernière partie intitulée «La prière du Seigneur: Notre-Père», offre une synthèse de la «lex orandi», de la vie de prière. Ainsi sont répertoriées en italien et en latin les prières essentielles comme celle de «l’ave maria», de «l’Angélus», du «Salve Regina», ou encore de «l’acte de foi». Les formules de doctrine catholique comme celle des commandements de charité, des vertus théologales et cardinales, des dons de l’esprit ou des sept péchés capitaux sont aussi inscrites.

Enfin, un Index analytique de 22 pages répertorie les thèmes par ordre alphabétique, renvoyant la thématique à un numéro de question y faisant référence. Un Indice général, qui fait office de table des matières, occupe les dernières pages de l’ouvrage. (apic/imedia/ar/pr)

28 juin 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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