Rome: Réaction du cardinal Kasper sur le document catholico-orthodoxe de Ravenne

«Un premier pas important sur une route longue et difficile»

Rome, 15 novembre 2007 (Apic) Le document final sur la primauté du pape issu de la rencontre entre l’Eglise catholique et les Eglises orthodoxes à Ravenne du 8 au 15 octobre 2007 a été qualifié de «premier pas important» par le cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens. Pour le cardinal Kasper, il ne faut en rien exagérer l’importance du document.

Dans la soirée du 14 novembre 2007, à la veille de la publication officielle du document, le prélat a cependant reconnu sur Radio Vatican combien «la route» restait «très longue et difficile».

«La route est très longue et difficile, mais ce document nous donne de l’espérance, nous avons fait un premier pas important», a ainsi souligné le cardinal Kasper concernant les travaux de la rencontre de Ravenne sur «les conséquences ecclésiologiques et canoniques de la nature sacramentelle de l’Eglise». Le président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens a toutefois confié que ce document était «un premier pas modeste et, comme tel, il donne de l’espérance, mais nous ne pouvons pas en exagérer l’importance».

«La prochaine fois nous devrons revenir sur le rôle de l’évêque de Rome (le pape, ndlr) dans l’Eglise universelle dans le premier millénaire, puis nous devrons parler aussi du deuxième millénaire, des Conciles Vatican I et Vatican II, et cela ne sera pas facile», a-t-il prévenu.

Moscou et Constantinople doivent faire mieux

Le cardinal allemand devrait intervenir, à la demande de Benoît XVI, devant l’ensemble des cardinaux du monde entier convoqués à Rome le 23 novembre prochain. Il fera alors un état des lieux des questions oecuméniques.

Sur Radio Vatican, le cardinal Kasper a également rappelé que la délégation orthodoxe russe avait quitté la réunion «dès le premier jour parce qu’il y avait un problème entre les orthodoxes sur la reconnaissance de l’Eglise autonome d’Estonie». «Ceci est une question inter-orthodoxe, nous ne pouvons pas interférer, mais nous sommes très attristés et préoccupés parce que, pour nous, il est important que l’Eglise orthodoxe russe participe, également à l’avenir, à notre dialogue», a-t-il ajouté.

«Nous souhaitons demander à Moscou et Constantinople de faire de leur mieux pour trouver une solution, un compromis et, s’ils le veulent, nous pouvons aussi faciliter cette solution», a proposé le haut prélat allemand. Mais, selon lui, «il n’y a pas de doute, nous voulons la participation de l’Eglise orthodoxe russe». «C’est une Eglise très importante, nous ne voulons pas dialoguer sans les Russes et nous voulons travailler dans ce but», a-t-il conclu.

Au lendemain de l’ouverture de l’assemblée de Ravenne, la délégation du patriarcat orthodoxe de Moscou avait quitté la table des négociations à cause d’un désaccord avec le patriarcat de Constantinople qui avait invité à la rencontre une délégation de l’Eglise apostolique estonienne qui relève de son autorité. Cette dernière n’est pas reconnue par Moscou.

La Commission mixte de dialogue théologique, canal de dialogue officiel entre l’Eglise catholique et les Eglises orthodoxes, a travaillé dès sa création, fin 1979, sur la question délicate de la primauté du pape. Mais les rencontres se sont interrompues entre 2000 et 2006, pour des différends entre catholiques et orthodoxes. Le dialogue avait ainsi repris en 2006, après 6 ans d’interruption. (apic/imedia/ms/pr)

15 novembre 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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