Rome: Réactions positives sur le voyage du pape en Terre Sainte
Le cardinal Etchegaray: «la somme de 20 ans de pontificat»
Rome, 28 mars 2000 (APIC) «Le pape a très bien supporté la fatigue du voyage en Terre Sainte» a confié le porte-parole du Saint-Siège au quotidien italien «Il Corriere della Sera» soulignant que Jean Paul II est «très satisfait» de son pèlerinage.
De retour au Vatican, le pape, dès lundi, «s’est remis immédiatement au travail avec ses collaborateurs de la Secrétairerie d’Etat» a déclaré Joaquin Navarro-Valls, porte-parole du Vatican. Il a reçu mardi en fin de matinée les 8’000 participants au 7ème Congrès national italien d’odontologie à l’occasion de leur pèlerinage jubilaire à Rome. Ce même jour, il a préparé la catéchèse habituelle du mercredi dans laquelle il fera, avec ses propres mots, le bilan de son périple en Terre Sainte.
Ce voyage du pape en Terre Sainte «est la somme de vingt ans de pontificat» a pour sa part déclaré le cardinal français Roger Etchegaray au quotidien italien «La Repubblica». Pour le président du Comité pour le Jubilé qui a accompagné Jean Paul II lors de ce 91ème voyage international, «il faut prendre cette expérience dans son ensemble. Il y a de nombreux aspects, mais tout se tient», a-t-il dit. «Je suis impressionné par l’énergie et la force spirituelles du pape dans ses moments de méditations insondables».
Quant à l’impact de ce voyage sur le monde juif, le prélat français estime que Jean Paul II a su «toucher le coeur religieux des juifs», effaçant ainsi «une image souvent faussée» que les juifs se font du pape. «Au Mur des Lamentations, a-t-il ajouté, le pape est allé encore plus loin. Il est vraiment entré en contact avec les profondeurs de l’âme juive et de sa religiosité».
Témoignage du rabbin David Rosen
Le rabbin David Rosen, directeur de la Ligue anti-diffamation, a de son côté souligné «combien la visite du pape a ouvert une porte. Nombreux sont les juifs qui ont découvert un jardin de bonté dont ils ignoraient l’existence».
Interrogé par le quotidien italien «Avvenire», David Rosen a affirmé que «le pèlerinage du pape a ouvert les yeux à de nombreux juifs, aveuglés par le souvenir du mépris et des persécutions, des préjugés ou, plus simplement de l’ignorance croissante de la réalité historique». Et d’ajouter: «Je pense que cette visite a été, entre autres, une opportunité pour informer les juifs, pour les éduquer, pour leur rappeler les nombreux pas en avant que l’Eglise catholique a accomplis en faveur des juifs et contre l’antisémistisme, en particulier ses 35 dernières années». Et si les réactions dans le milieu juif sont divergentes, le rabbin Rosen explique qu’il faut «laisser tomber les cas particuliers». «Certains de mes collèges, a-t-il dit, ont des difficultés à s’ouvrir alors que d’autres pensent comme moi». «Il y a encore beaucoup à faire, a-t-il conclu, mais on peut affirmer que le pape a réussi à démontrer que son Eglise est la plus forte présence spirituelle dans le monde.
Commentant également ce voyage, le directeur du centre biblique de Jérusalem, le franciscain Frederic Manns, a confié à l’agence Fides qu’il faut distinguer les juifs orthodoxes qui refusent d’avoir à faire avec le pape et les responsables intellectuels et politiques, en majorité des juifs laïcs, qui sont très heureux de cette visite». (apic/imed/ba)



