Nombreuses canonisations et béatifications en vue

Rome: reconnaissance de miracles attribués à Edith Stein et à Edwige, reine de Pologne

Rome, 8 avril 1997 (APIC) La Congrégation romaine pour les causes des saints a publié mardi treize décrets, dont cinq reconnaissent un miracle attribué à l’intercession d’un serviteur ou d’une servante de Dieu: trois Polonaises que le pape canonisera ou béatifiera début juin, lors de sa septième visite dans sa patrie; la carmélite allemande d’origine juive Edith Stein, béatifiée en 1987, – qui sera canonisée ultérieurement à Rome- , et un prêtre italien.

Les décrets de reconnaissance d’un miracle concernent la bienheureuse Edwige, reine de Pologne, née en février 1374 à Buda (Hongrie) et morte le 17 juillet 1399 à Cracovie (Pologne); la bienheureuse Thérèse-Bénédicte de la Croix (Edith Stein), carmélite, née à Breslau (Wroclaw, Pologne) le 12 octobre 1891 et morte le 9 août 1942 à Auschwitz (Pologne) ; Giovanni Battista Piamarta (1841-1913), prêtre italien né et mort à Brescia ; et deux autres Polonaises fondatrices de congrégation religieuse: Maria Karlowska (1865-1935) et Soeur Bernardina (Maria ) Jablonska, née en 1878 et morte en 1940 à Cracovie.

La reine Edwige sera canonisée le 8 juin à Cracovie. Les deux religieuses polonaises seront elles béatifiées par le pape le 6 juin à Zakopane. Quant à Edith Stein, elle sera canonisée plus tard à Rome.

Neuf martyrs de la guerre d’Espagne

Deux décrets reconnaissent le martyre des Espagnols Vincenzo Soler et de ses sept compagnons (six religieux récollets et le prêtre de Grenade Manuel Martin Sierra) et de la carmélite Maria Sagrario de St-Louis de Gonzague, tous tués en haine de la foi en 1936, durant la guerre civile espagnole.

Six décrets reconnaissent les vertus héroïques (première étape vers la béatification) du Père Léon-Jean Dehon, fondateur des Prêtres du Sacré-Coeur de Jésus, mort à Bruxelles-Ixelles en 1925 ; de la Belge Jeanne-Marie de Jésus Eucharistique (Flore Bracaval), réformatrice et première supérieure générale des Soeurs Angéliques de Saint-Paul, née le 3 mai 1861 à Mouscron et morte le 26 janvier 1935 à Arenzio (Italie); d’Antoine Rosa Romières, prêtre du diocèse de Carcassonne fondateur de la congrégation des Soeurs de l’Ange Gardien, né en 1809 à Quillan (France) et mort en 1890 à Gijon (Espagne) ; de Fr. Antonio de S. Anne (Antono Galvao de Frana, 1739-1822), prêtre brésilien de l’Ordre des Frères Mineurs Déchaux et fondateur du Monastère des Soeurs Conceptionistes; un novice servite italien, Gioacchino Maria Stevan (1921-1949) ; et Maria Carmelina Leone, une jeune laïque, née et morte à Palerme (1923-1940).

Le Père Léon-Jean Dehon (1843-1925)

Léon-Jean Dehon est le fondateur des Prêtres du Sacré-Coeur de Jésus. La congrégation a vu le jour à Saint-Quentin en 1878, avant de s’établir en Bruxelles-Ixelles au tournant du siècle, au moment où les lois en France confisquent les biens des associations religieuses. C’est à Ixelles que mourut celui qui reste vénéré pour son engagement social d’ et sa diffusion des encycliques sociales de Léon XIII.

A la fin de ses études secondaires Léon-Jean Dehon confie à ses parents son désir de devenir prêtre. , rétorque son père. Monté à Paris pour préparer son concours d’admission, Léon optera finalement pour le droit et deviendra, en 1864, avocat à la Cour impériale. Dans une paroisse de Paris, il s’est aussi fait catéchiste des pauvres et s’est engagé dans la Conférence de saint Vincent de Paul.

En 1865, Léon entre au Séminaire français de Rome. En 1868, il est ordonné prêtre. Il sera un des sténographes du concile Vatican I (1869-70), puis obtiendra le doctorat en théologie et en droit canonique.

Aux côtés des ouvriers de Soissons

Tout en aspirant à entrer un jour dans la vie religieuse, l’abbé Dehon se met au service du diocèse de Soissons. Vicaire à la collégiale de Saint-Quentin, le jeune prêtre va se lancer dans une série d’oeuvres sociales. Léon fonde un patronage dès 1872, l’un des premiers de France. Un cercle ouvrier est créé la même année. Soucieux aussi d’une action auprès des industriels, l’abbé Dehon trace leur rôle dans ses sermons, ses causeries, son journal et sa . Quelques directeurs d’usines s’engagent à des améliorations. Il participe à des congrès sur les questions sociales, en organise d’autres et y intéresse les jeunes prêtres

Démocrate chrétien

Parallèlement, le P. Dehon poursuit la lutte sociale. Le 15 mai 1891 paraît la première grande encyclique sociale, du pape Léon XIII. Il s’en fait le propagateur passionné, notamment par sa revue . Il rédige aussi un . Il faut sortir de la sacristie pour aller au peuple, indique-t-il aux prêtres, il ne faut pas suivre les catholiques sociaux royalistes, mais accepter la démocratie et songer à une organisation chrétienne de celle-ci.

Au tournant du siècle, les lois en France confisquent les biens des associations religieuses. Beaucoup de Dehoniens viennent s’installer en Belgique. La maison mère est transférée de Saint-Quentin à Ixelles, où le , comme on appelle encore le Fondateur, meurt le 12 août 1925.

Les Dehoniens sont actuellement présents dans 28 pays et engagés dans les apostolats les plus divers. (apic/cip/fd)

23 août 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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