Genève : L’audition du Saint-Siège par le Comité contre la torture de l'ONU est une «procédure ordinaire»
Rome refuse les lectures idéologiques
Rome, 15 avril 2014 (Apic) L’audition annoncée du Saint-Siège par le Comité contre la torture des Nations unies les 5 et 6 mai 2014 à Genève rentre dans le cadre de la procédure ordinaire, a assuré le Vatican le 15 avril. Interpellé par les journalistes, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège a souhaité que cette audition ne donne pas lieu à des «lectures idéologiques» éloignées des termes de la convention contre la torture, en référence aux appels répétés d’associations de victimes de prêtres pédophiles.
L’audition d’une délégation du Saint-Siège par le Comité des Nations unies contre la torture les 5 et 6 mai prochains est «une procédure ordinaire à laquelle adhèrent tous les Etats prenant part à la convention», a insisté le Père Federico Lombardi. «En raison de cela, a-t-il poursuivi, le Saint-Siège continue à mettre en œuvre les obligations engagées pour le compte de l’Etat de la Cité du Vatican et à présenter les rapports périodiques, selon les procédures prévues par la convention» signée par le Saint-Siège en 2002.
Le Saint-Siège n’a pas été «convoqué» à Genève, a souligné le Père Lombardi. Il a relevé en outre que la convention contre la torture concernait ne concernait que l’Etat de la Cité du Vatican. Dès lors, a-t-il expliqué, les sujets traités doivent correspondre à la nature de cette convention. A la question de savoir si les affaires de pédophilie impliquant des membres du clergé pourraient être abordées lors de l’audition, le ›porte-parole’ du Vatican a invité l’ONU à «ne pas faire de lectures idéologiques pour mettre en avant certains combats», mais à travailler sur le thème de la convention.
Rencontre de routine
Selon toute vraisemblance, la délégation sera menée par l’Observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations unies à Genève, Mgr Silvano Tomasi. C’est lui, en janvier dernier, qui avait déjà mené une délégation du Saint-Siège auditionnée par le Comité des droits de l’enfant. Lors de cette audition, la gestion par le Vatican des affaires de pédophilie avait été fortement critiquée. Par la suite, le Saint-Siège avait dénoncé l’influence de lobbies hostiles à l’Eglise catholique.
Début mai, le Saint-Siège va participer à Genève, avec sept autres pays, à la 52e session du Comité contre la torture des Nations unies, qui se tiendra du 28 avril au 23 mai. Comme pour les autres Etats, le Saint-Siège sera entendu pendant deux jours. Pour cette rencontre de routine, il présentera un «rapport initial» sur les mesures appliquées en lien avec la convention, avant de répondre aux questions du comité.
Le rapport de 25 pages, particulièrement général, évoque cependant «les allégations de mauvais traitements (…) actuellement à l’examen» portées par Paolo Gabriele, majordome infidèle de Benoît XVI, incarcéré de façon inhabituelle au Vatican fin 2012. (apic/imedia/mb/mp)



