La question de la primauté de l’évêque de Rome: le point difficile
Rome:Relations entre catholiques et orthodoxes: le point de vue de Bartholomé Ier
Rome, 4 juillet 2004 (Apic) La question de la primauté du pape reste une pierre d’achoppement dans le rapprochement entre les Eglises catholique et orthodoxe, a estimé vendredi Bartholomé Ier, patriarche oecuménique de Constantinople, sur les ondes de Radio Vatican.
«Il est nécessaire de discuter en profondeur le primat de l’évêque de Rome, l’infaillibilité pontificale, la position du pape dans la structure de l’Eglise chrétienne dans son ensemble, car là se trouve le point le plus difficile dans nos relations, qui empêche encore la pleine communion», a commenté Bartholomé Ier.
Pourtant, le patriarche a participé à la fête des saints Pierre et Paul, le 29 juin, qui voit chaque année la remise par le pape du pallium aux nouveaux archevêques nommés dans l’année. Cette fine écharpe de laine blanche est le symbole du pouvoir central du pape et de son infaillibilité, dont le dogme a été proclamé par le Concile Vatican I en 1870.
«L’Eglise, pour être une, a besoin du service particulier de l’Eglise de Rome et de son évêque, chef du collège épiscopal», avait souligné Jean Paul II lors de l’audience du 30 juin aux 44 archevêques métropolites ayant reçu le pallium.
Interrogé sur l’avenir du rapprochement entre catholiques et orthodoxes, Bartholomé Ier a noté «que les difficultés existent encore, mais qu’il y a de la bonne volonté des deux côtés pour continuer le dialogue. Les conversations avec le cardinal Walter Kasper et les membres du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens ont fixé des jalons et des méthodes pour sortir des difficultés présentes».
Le dialogue ne se limite pas aux paroles
«L’amitié existe, la fraternité existe, ainsi que la volonté d’avancer et d’améliorer nos relations», a poursuivi Bartholomé Ier, pour qui l’affectation de l’église Saint-Théodore au Palatin à Rome au culte greco-orthodoxe démontre que «le dialogue ne se limite pas aux paroles». Ce geste, «très symbolique des liens spirituels qui nous unissent dans la Ville éternelle, sera apprécié dans tout dans le monde orthodoxe et sera un exemple à suivre dans les relations oecuméniques», a insisté le patriarche.
Retournant à Constantinople «très ému, très heureux et très optimiste pour l’avenir de nos relations», le patriarche a rappelé qu’il a invité Jean Paul II à «venir nous visiter à Istanbul». «Selon moi, le pape a été très heureux d’accepter cette invitation. Naturellement, il doit en parler à ses collaborateurs. Mais sa première réaction a été positive». Il s’agirait alors du second voyage de Jean-Paul II à Istanbul, où il s’est rendu une première fois à l’automne 1979 à la rencontre du prédécesseur de Bartholomé Ier, le patriarche Dimitrios Ier. (apic/imedia/pr)



