Pour Jean Paul II, la beauté doit nourrir le témoignage des chrétiens

Rome: Remise d’un Prix à l’abbaye bénédictine sénégalaise de Keur Moussa

Rome 9 novembre 2004 (Apic) Jean Paul II a encouragé les chrétiens à nourrir leur témoignage par la beauté, afin de toucher la société contemporaine. C’est ce qu’il a déclaré, dans un message adressé aux participants à la 9e session publique des académies pontificales.

A l’occasion d’une réunion autour du thème La Via pulchritudinis – Ndlr. la voie des beautés, dans la salle du Synode, au Vatican, le pape a remis le Prix annuel des académies pontificales à l’abbaye bénédictine sénégalaise de Keur Moussa, par l’intermédiaire du substitut à la Secrétairerie d’Etat, Mgr Leonardo Sandri.

«La session publique des académies pontificales d’aujourd’hui touche un thème très significatif : la Via pulchritudinis comme itinéraire privilégié pour la rencontre entre la foi chrétienne et la culture de notre temps, et comme instrument précieux pour la formation des jeunes générations», a-t-il encore précisé.

«Je m’adresse particulièrement à vous, chers académiciens et artistes ! C’est cela votre devoir : alimenter l’amour par tout ce qui est expression authentique du génie humain, mais aussi reflet de la beauté divine», a poursuivi le pape. La 9e session publique des académies pontificales rassemblait les représentants des sept académies coordonnées par un Conseil, présidé par le cardinal Paul Poupard, lui-même à la tête du Conseil pontifical de la culture.

«A tous les académiciens, et spécialement aux membres de l’illustre Académie pontificale des Beaux arts et lettres des virtuoses du Panthéon, j’exprime ma gratitude pour l’activité qu’ils déploient», a encore affirmé Jean Paul II dans son discours . Il a aussi souhaité «qu’avec l’apport de tous, un nouvel humanisme chrétien soit promu, capable de parcourir la voie de l’authentique beauté, et de l’indiquer à tous comme itinéraire de dialogue et de paix entre les peuples».

Prix remis à l’abbaye bénédictine de Keur Moussa

Mgr Sandri a alors remis au nom du pape le prix annuel des académies pontificales à l’abbaye bénédictine de Keur Moussa, au Sénégal. En effet, là-bas, «les bénédictins, provenant de l’abbaye mère de Solesmes, se sont mis à l’écoute des traditions de l’Afrique, en conservant en même temps fidèlement, le patrimoine liturgique reçu de la tradition de l’Eglise». «Merci pour votre geste qui honore l’Afrique et l’ennoblit, parce qu’elle est reconnue dans son âme profonde», a alors répondu le père Ange-Marie Niouki, l’abbé de Keur Moussa venu d’Afrique pour cette occasion, avec quelques religieux et religieuses de son ordre.

Le prêtre bénédictin a par ailleurs souligné que la kora était devenue «pour la communauté monastique de Keur Moussa, comme pour tant d’autres, un instrument de choix pour la prière liturgique». «Sa vocation est universelle : elle rapproche les peuples multiples avec leurs diverses cultures», a-t-il ajouté. Puis il a offert l’un de ces instruments à corde traditionnel à Mgr Sandri, afin qu’il le transmette au pape, avec son message. «Le pape va pouvoir s’amuser», a répondu le substitut en souriant, après avoir écouté la prière du «Magnificat» en grégorien à la mode sénégalaise.

Pour sa part, le cardinal Paul Poupard a déclaré à l’Apic à Rome: «Nous avons chaque année ce moment public, d’une activité qui est très intense mais qui est peu connue du grand public. «D’année en année, nous allons de la philosophie à la théologie ou encore à l’archéologie, et cette année c’était vraiment la culture dans son expression des Beaux-arts».

«Ce prix, a poursuivi le prélat français, «reconnaît que c’est une tentative originale, courageuse, improbable, et réussie de transmettre cet héritage millénaire du chant grégorien , de l’acclimater en terre d’Afrique, par un mariage d’une fécondité extraordinaire avec les grandes traditions musicales de ce continent, à partir d’un instrument traditionnel africain».

Au terme de la session, deux médailles ont par ailleurs été respectivement remises de la part du pape et par Mgr Sandri à l’école italienne de cinématographie ’Hypothèses cinéma’, pour «sa pédagogie fondée sur l’humanisme authentique», et au Choeur Inter-universitaire de Rome, pour son «service rendu au culte divin et à la culture musicale». (apic/imedia/ar/vb)

9 novembre 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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