Les interlocuteurs évitent les questions de politique nationale

Rome: Rencontre bilatérale de haut niveau entre l’Italie et le Saint-Siège

Rome, 20 février 2008 (Apic) Les plus hautes autorités de l’Etat italien et celles du Saint-Siège, dont le cardinal secrétaire d’Etat Tarcisio Bertone, se sont rencontrées dans la soirée du 19 février 2008, à Rome, pour la traditionnelle réception marquant l’anniversaire des Accords du Latran. Elles ont évité d’aborder les questions délicates de politique nationale.

Lors de discussions à huis clos à l’ambassade d’Italie près le Saint-Siège, en pleine campagne électorale dans la Péninsule, les discussions ont officiellement et uniquement porté sur l’actualité internationale: la situation libanaise, l’indépendance du Kosovo, ou encore le retrait de Fidel Castro à Cuba.

Ainsi, comme chaque année à l’occasion des anniversaires de la signature des Accords du Latran en 1929 et de la révision du Concordat en 1984, une rencontre bilatérale s’est déroulée à l’ambassade d’Italie près le Saint-Siège. Accueillis par l’ambassadeur, Antonio Zanardi Landi, les plus hauts responsables de l’Etat italien ont pris part à une réunion à laquelle participaient au total quelque 33 membres des deux délégations.

Les membres du gouvernement renversé par le Sénat le 24 janvier dernier, le président du Conseil Romano Prodi, et le ministre italien des Affaires étrangères, Massimo D’Alema, ont ainsi rencontré pendant près de 45 minutes la délégation vaticane guidée par le secrétaire d’Etat du Saint-Siège, le cardinal Tarcisio Bertone. Ce dernier était accompagné de Mgr Dominique Mamberti, secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats, de Mgr Fernando Filoni, substitut de la Secrétairerie d’Etat, et du nonce apostolique en Italie, Mgr Giuseppe Bertello. Le président de la République italienne, Giorgio Napolitano, a rejoint la délégation italienne au cours de la réunion.

Après la rencontre, le ministre italien des Affaires étrangères, Massimo D’Alema, a évoqué «la vision commune» des deux parties concernant la politique étrangère. Il a indiqué que le récent moratoire sur la peine de mort et des questions concernant l’Amérique latine et Cuba en particulier, ou encore la situation au Liban, avaient été au menu des discussions.

Pour sa part, le président de la République, Giorgio Napolitano, a fait état d’une ample convergence d’opinion sur les thèmes de politique étrangère, à propos du Kosovo comme à propos du Proche-Orient. «Nous avons seulement évoqué des sujets internationaux», a déclaré à son tour Mgr Giuseppe Betori, secrétaire général de la Conférence épiscopale italienne. Après la chute du gouvernement de Romano Prodi, en pleine période de compagne électorale en vue des élections législatives de mi-avril, aucun des participants n’a souhaité donner de précisions sur les discussions éventuelles concernant les rapports entre l’Italie et le Saint-Siège.

Au terme des rencontres bilatérales dans la Villa Borromeo, plus d’un millier d’invités ont investi les salons de l’ambassade d’Italie près le Saint-Siège, parmi lesquels de nombreux politiciens et industriels, ainsi qu’une bonne vingtaine de cardinaux italiens.

Le cardinal Tarcisio Bertone a soigneusement évité de rencontrer les journalistes à sa sortie de l’ambassade. Un peu plus tard dans la soirée, à la veille de son départ pour Cuba, il a simplement affirmé qu’il porterait dans l’île «la bénédiction spéciale du pape» à l’intention de tous les Cubains, dont le Lider Maximo. Malade et absent du pouvoir depuis plus de 18 mois, âgé de 81 ans, Fidel Castro a annoncé le 19 février qu’il renonçait à la présidence. Le cardinal Bertone rencontrera au cours de son séjour Raul Castro, le frère de Fidel, qui devrait lui succéder à la tête de l’Etat cubain. (apic/imedia/ami/ms/be)

20 février 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!