La conversion à l’Evangile
Rome: rencontre des évêques du Maghreb:
Rome 24 octobre 1997 (APIC) Un témoignage à quatre voix a réuni, jeudi soir 23 octobre, à l’Institut d’études patristiques «Augustinianum» de Rome, les évêques de Tripoli en Lybie, Mgr Giovanni Martinelli, de Tanger au Maroc, Mgr Antonio Peteiro, de Tunis, Mgr Fouad Twal et d’Alger, Mgr Henry Teissier. Pour eux, le témoignage des chrétiens du Maghreb est silencieux et consiste dans la charité envers les plus pauvres et la fidélité dans la vie quotidienne.
Dans ces conditions , la conversion, est d’abord celle de la communauté chrétienne à l’évangile, souligne l’évêque de Tripoli. En Algérie ce quotidien est marqué, dit Mgr Teissier, par la violence «qui met chrétiens et musulmans sous la même menace, parce qu’il ne s’agit pas d’une crise qui oppose des personnes de religions différentes, mais une crise sociale et politique».
Depuis 1993, les étrangers qui ne quittent pas le pays ont été menacés de mort. Les chrétiens, les prêtres ou les religieux, ont choisi librement de rester ou de partir. Mais, déclare l’évêque d’Alger, «notre vocation est d’être l’Eglise du peuple algérien, solidaire avec une société musulmane. C’est pourquoi nous avons décidé de rester, pour témoigner de cette vocation».
«Certains amis musulmans, a-t-il ajouté, sentent que nous sommes menacés parce que nous sommes différents, et perçoivent notre différence comme un service rendu à la société algérienne la population attend la fin de la violence et espère retrouver un peu de paix. Le choix de la violence ne pourra pas toujours prévaloir».
Les services caritatifs rendus par les chrétiens soulignent les quatre évêques, sont fondamentaux. En Lybie Mgr Martinelli souligne l’estime dont jouissent les chrétiens et l’ouverture apportée par l’établissement des rapports diplomatiques du Saint-Siège avec le pays.
Mgr Twal, de Tunis, relève que le temps où l’église se présentait uniquement comme occidentale et italienne, du fait de la colonisation, est terminé. L’Eglise du Maghreb est faite d’une communauté minoritaire, multi-raciale, d’étrangers de tous les continents et en général pauvres. Et ce nouveau visage est une nouveauté positive. Mais reste, remarque Mgr Twal, le difficile équilibre entre visibilité et invisibilité. Il constate, du point de vue de la liberté religieuse: «les fidèles du Christ ne jouiront jamais de la même liberté religieuse dans les pays musulmans que les musulmans dans les pays occidentaux». Enfin, Mgr Twal, jordanien d’origine, ressent le besoin de renforcer les liens avec les communautés chrétiennes du Moyen-Orient et du bassin méditerranéen. (apic/imed/mp)



