Le grand défi de l’Eglise autrichienne est celui de la mission

Rome: Rencontre entre Benoît XVI et le cardinal Christoph Schönborn

Rome, 19 août 2007 (Apic) Le «grand défi» de l’Eglise autrichienne est celui de la mission, a expliqué le cardinal Christoph Schönborn. L’archevêque de Vienne était interviewé par Radio Vatican le 18 août après sa rencontre à Castel Gandolfo avec Benoît XVI, en vue du voyage du pape en Autriche, du 7 au 9 septembre.

Le cardinal Schönborn a ainsi évoqué l’un des défi de l’Eglise autrichienne qui est, «sans aucun doute, la mission: la disponibilité de s’ouvrir aux autres, à la majorité de la société, c’est-à-dire à la majorité des habitants qui très souvent sont des personnes loin de la foi et de l’Eglise». «Je le répète: le grand défi aujourd’hui est celui de la mission», a-t-il insisté, soulignant attendre «beaucoup de l’encouragement du pape».

Le cardinal autrichien a aussi évoqué l’un des «objectifs principaux du voyage du pape», celui d’»encourager» les communautés paroissiales «qui ont une grande vitalité, mais aussi tous les problèmes qui dérivent du manque de prêtres et de jeunes». «Je crois, comme il l’a dit lui-même au début de son pontificat, que Benoît XVI viendra parmi nous pour ’montrer la beauté de la foi’, pour montrer comme il est beau de suivre le Christ», a-t-il ajouté. «Nous attendons avec joie cet encouragement».

Interrogé ensuite sur la situation de l’Eglise autrichienne, le cardinal Schönborn a expliqué qu’après des «années très difficiles nous assistons à une prise de conscience, à un sens du courage plus explicite de la part des chrétiens autrichiens, qui sentent toujours plus combien notre société a besoin de l’Evangile, de la foi, de la prière». «Mais, pour dire vrai, je dois aussi ajouter que je ne sais pas si, face à ce défi, nous sommes à la hauteur de ce que le Seigneur nous demande», a-t-il ajouté. «Il nous demande d’aller de l’avant, de sortir de nos communautés pour donner témoignage de l’Evangile». «Nous ne sommes pas encore assez et suffisamment missionnaires», a-t-il regretté.

Le «oui à la vie» remis en cause

Le cardinal autrichien s’est également exprimé sur la situation sociale du pays, soulignant certaines «situations préoccupantes», comme «l’accueil de la vie». «Cette grande blessure existe dans de nombreux pays européens mais surtout chez nous, en Autriche». «Le ’oui’ à la vie, que ce soit à son début ou à sa fin naturelle, est toujours davantage remis en cause», a-t-il regretté. «C’est donc pour nous une très grande préoccupation». «L’Eglise est très active dans ce domaine, que ce soit pour apporter de l’aide aux femmes en difficulté pour accueillir leur enfant que pour favoriser une alternative à l’euthanasie». Pour le haut prélat, «toutes ces initiatives sont chez nous très liées à l’Eglise et produisent un effet positif sur la société».

Le cardinal archevêque de Vienne a aussi regretté «l’augmentation constante et considérable de la différence entre riches et pauvres» en Autriche. «Le nombre de personnes qui vivent à la limite la plus basse du bien-être ou en dessous du seuil de pauvreté est en constante augmentation». Pour le cardinal Schönborn, «ce phénomène est la conséquence de la globalisation qui, bien sûr, n’est pas négative dans tous ses aspects – certainement non – mais cause cette situation qui nous préoccupe tant».

Le haut prélat a enfin expliqué que «la société autrichienne vit en ce moment un bien être assez unique, peut-être inédit dans son histoire». «Le climat social est assez serein». «Par exemple, il n’y a plus les grands mouvements de grève d’autrefois», a-t-il ajouté, soulignant que s’il y a encore du chômage, «il est beaucoup plus bas que dans les autres pays». «Nous devons remercier Dieu de cette situation très favorable». (apic/imedia/ms/bb)

19 août 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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