Rome: Retrait de la sonde gastrique de Terri Schiavo
Un acte «illicite et grave» pour le Vatican
Rome, 23 mars 2005 (Apic) Mgr Sgreccia a qualifié le retrait de la sonde gastrique de l’Américaine Terri Schiavo, effectué le 18 mars, «d’acte illicite et grave». Le président de l’Académie pontificale pour la vie s’exprimait une nouvelle fois sur les ondes de Radio Vatican le 22 mars.
«Je dois confirmer mon jugement moral qui ne change pas», parce que cette décision «reste un acte illicite et grave», a déclaré Mgr Sgreccia interrogé par Radio Vatican sur l’affaire Terri Schiavo. Sur la demande de son mari, la sonde gastrique a finalement été retirée à l’Américaine en état végétatif depuis 15 ans. Une décision entérinée il y a quelques mois par la justice de l’Etat de Floride.
Cet acte est «d’autant plus grave qu’il semble que la décision de qui doit vivre et de qui doit mourir relève désormais d’un tribunal», a poursuivi le président de l’Académie pour la vie. En effet, suite à cette décision contraire au souhait des parents de Terri Schiavo et aux principes du parti Républicain, le président Bush s’est empressé de signer une loi votée par le Congrès visant à la maintenir en vie. Ce texte législatif a pour but de permettre à ses parents de faire appel devant la justice fédérale pour rebrancher la sonde gastrique.
«Je confirme mon jugement négatif, non seulement sur la suspension de l’alimentation, mais aussi sur la sentence qui entend la légitimer. Nous espérons que ces exemples ne seront pas suivis par d’autres sentences similaires», a encore déclaré l’évêque italien. «Cela me déplait que cet événement s’inscrive peut-être dans un mécanisme plus large qui favoriserait la légitimation de ’la dite’ euthanasie dans des cas similaires, où se jouent souvent des intérêts d’un autre genre».
Mourir de faim n’est pas une euthanasie
Mgr Sgreccia a cependant reconnu que «le fait que Terri Schiavo meurt de faim et de soif» n’est pas «de l’euthanasie au sens littéral du mot». Débranchée de la sonde gastrique la nourrissant, la femme est vouée à s’éteindre progressivement et naturellement. Au dixième jour dans cet état, la femme devrait s’enfoncer dans un vrai coma, jusqu’à ce que ses organes ne fonctionnent plus à cause d’une carence nutritive.
«Ce n’est pas un acte médical» mais «ce n’est pas une bonne mort, c’est une mort provoquée de façon cruelle», a poursuivi Mgr Sgreccia. «C’est soustraire l’eau et la nourriture nécessaires à la personne, afin de provoquer sa mort, qui serait arrivée tôt ou tard mais avec moins de souffrance», a-t-il expliqué.
Mgr Sgreccia a cependant conclu en reconnaissant que l’acte de ceux qui ont exprimé leur solidarité avec la famille reste un acte de grand mérite, comme l’acte de la défense publique a été une manifestation de volonté juste». Beaucoup d’Américains ont manifesté ces derniers jours leur solidarité à la famille Schiavo. La controverse légale autour de Terri Schiavo voit s’opposer son mari et ses parents depuis des années, le premier ayant décidé de mener à bien sa bataille pour interrompre l’alimentation de sa femme, les seconds ayant l’intention de garder à tout prix leur fille en vie. Le mari de Terri Schiavo vit avec une autre femme depuis plusieurs années et en a eu des enfants.
Interrogé par Radio Vatican le 18 mars dernier, Mgr Elio Sgreccia avait affirmé qu’enlever la sonde gastrique d’alimentation à Terri Schiavo serait de «l’euthanasie directe». «Nous retenons illicite la décision d’enlever la sonde gastrique d’alimentation de Terri Schiavo», avait-t-il affirmé, ajoutant qu’»empêcher à quelqu’un l’accès à la nourriture et à l’eau, représente une façon de tuer. (apic/imedia/ar/bb)



