Rome: Révision du Traité de non prolifération des armes nucléaires
«Voulons-nous réellement la paix?»
Rome, 28 avril 2000 (APIC) Le Saint-Siège a réaffirmé jeudi à New York, lors de la 6e Conférence de révision du Traité de non prolifération des armes nucléaires, sa détermination à appuyer les efforts visant à prévenir la diffusion des armes nucléaires et à générer un processus conduisant au désarmement général et complet. La délégation du Saint-Siège est conduite par Mgr Jean Louis Tauran, secrétaire à la Secrétairerie d’Etat.
Pour le Saint-Siège, tant que «des armes de plus en plus sophistiquées seront fabriquées dans le monde, il n’y aura pas une authentique culture de la paix mais seulement une paix basée sur l’équilibre de la terreur».
Le Saint-Siège qui a adhéré en février 1971 à ce traité «entend prévenir la diffusion des armes nucléaires, promouvoir la coopération dans le domaine de l’application pacifique de l’énergie nucléaire et générer un processus qui conduise à un désarmement général et complet». Cependant, Mgr Jean-Louis Tauran, qui conduit la délégation du Saint-Siège à New York pour cette 6e conférence, constate que le processus de non prolifération «ne progresse que très lentement».
«Le régime de non-prolifération est incertain» a-t-il affirmé, soulignant que «beaucoup croient encore à l’usage de la force et tablent sur l’arme nucléaire», et que «la force du droit, la confiance en l’autre et la volonté de dialogue ne sont pas encore des priorités». Même si depuis le 1er juillet 1968, date du traité, le prélat français reconnaît que «des progrès ont été accomplis», il faut, dit-il, «être plus ambitieux».
La question posée par le Saint-Siège aux 187 pays qui adhèrent actuellement au Traité de non-prolifération est la suivante : «Voulons-nous vraiment la paix ? Si nous répondons oui?», a lancé Mgr Tauran. «Alors une constatation s’impose : il n’y aura pas de paix tant que nous connaîtrons un monde qui fabrique des armes de plus en plus sophistiquées, qui se prépare à les utiliser, où la paix ne semble protégée que par l’équilibre de la terreur», ajoute le prélat. Le temps est venu, a-t-il ajouté, d’abandonner les schémas de pensée hérités de la guerre froide et de résoudre les difficultés relatives à l’établissement d’une sécurité commune».
«Le Saint-Siège, pour sa part», a conclu le prélat, «ne se lassera jamais de répéter que seul un désarmement universel, progressif et contrôlé assurera un climat de confiance, de collaboration et de respect entre tous les pays». (apic/imed/mk)




