Congrès à Rome dans le cadre de la postulation de sa cause

Rome: Saint Louis-Marie Grignion de Monfort bientôt Docteur de l’Eglise?

Rome, 10 octobre 2000 (APIC) Saint Louis-Marie Grignion de Monfort pourrait être proclamé Docteur de l’Eglise en 2001, a laissé entendre à l’APIC le postulateur de la cause de ce doctorat, le Père Battista Cortinovis, prêtre monfortain italien, à la veille d’un congrès sur sa spiritualité, qui a lieu à Rome du 11 au 13 octobre.

«Il n’y a pas de procédure clairement définie pour la proclamation d’un doctorat, explique le Père Cortinovis. Il s’agit d’établir une `positio’, un gros volume de documents qui justifie la doctrine spirituelle du saint. Celle-ci doit être valable encore actuellement, et répondre à un besoin de l’Eglise d’aujourd’hui».

Avant que l’élaboration de cette «positio» ne soit entreprise au niveau de la Congrégation pour les causes des saints, la Congrégation pour la doctrine de la foi doit donner son accord. «En février dernier, nous avons fait une nouvelle demande auprès d’elle en faveur du doctorat de saint Louis-Marie, et au mois d’avril, quatre consulteurs ont été nommés pour s’en occuper, précise le Père Battista Cortinovis. Ils sont chargés d’évaluer si sa doctrine est suffisamment éminente, et si la proclamation de ce doctorat est opportune. Je sais que pour l’instant, deux d’entre eux ont déjà répondu positivement».

Pour le postulateur, la proclamation du doctorat de saint Louis-Marie «répondrait aujourd’hui à un besoin de l’Eglise parce que sa théologie mariale est fondée sur l’Ecriture et sur les Pères de l’Eglise». «Il y a trop de théologies superficielles concernant la Vierge actuellement, estime le Père Cortinovis. Saint Louis-Marie propose au contraire un enseignement qui conduit à l’Evangile et au Christ, qui conduit à redécouvrir le mystère de l’Incarnation, la manifestation de Dieu dans l’histoire humaine».

«Une certaine sympathie»

Aux yeux du prêtre monfortain, «du point de vue oecuménique, saint Louis-Marie représente également un élément intéressant dans la mesure où sa vision de la Vierge est vraiment biblique. Elle est un équilibre entre ceux qui voudraient effacer la figure de la Vierge et ceux qui lui donnent une importance déplacée dans des dévotions assez proches de la superstition».

Le père Cortinovis rappelle enfin que Jean Paul II «a une certaine sympathie pour la spiritualité de saint Louis-Marie», découverte par lui alors qu’il était jeune, en lisant son «Traité de la vraie dévotion à la Vierge». Il signale d’ailleurs que dans son livre «Ma vocation, Don et mystère», le pape en parle comme d’un «théologien de classe».

«Cela n’empêche pas que l’on doit procéder étape par étape au niveau de la Curie pour faire avancer la cause, commente le postulateur. Mais en tout dernier lieu, ce sera au pape de juger. Le tout va prendre plusieurs mois. Mais l’on peut imaginer que cela aboutisse avant la fin de l’année 2001».

En attendant, au cours du congrès sur saint Louis-Marie Grignion de Monfort,interviendront tant des théologiens que des représentants de groupes de laïcs liés d’une manière ou d’une autre à sa spiritualité mariale, tels les «foyers de charité». Les participants seront reçus par le pape le 13 octobre. (apic/imed/pr)

10 octobre 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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