Angélus sans la présence physique du pape

Rome: Santé du pape: les déclarations rassurantes ne masquent pas les inquiétudes

Rome, 27 février 2005 (Apic) Malgré les déclarations rassurantes de la salle de presse du Vatican sur la santé du pape Jean Paul II, ni l’entourage immédiat ni personne côté Vatican ne parviennent à masquer l’inquiétude.

Le pape Jean Paul II est dans un état satisfaisant et les résultats de ses examens sanguins ne présentent pas de signes alarmants, ont rapporté samedi soir des sources médicales citées par des médias italiens ou d’ailleurs, dans lesquels ont peut lire tout et son contraire.

En attendant à Rome et dans le monde, les commentaires vont bon train sur la signification à donner à propos de l’Angélus que le pape n’officiera pas. Certains du reste s’étonnent de l’insistance de plusieurs médias qui s’ingénient à décoder les raisons de ce rendez-vous auquel le pape ne participera pas. «Comme si, dit-on à Rome, le pape, âgé de 84 ans, comme tout autre malade, n’avait pas aussi le droit de se reposer». Car la décision de Jean Paul II de renoncer pour la première fois de son pontificat à officier pour la prière dominicale de l’Angélus, inquiète nombre de fidèles. Convaincus qu’ils sont que ce renoncement témoigne de la gravité de son état. C’est un des collaborateurs du pape, l’archevêque argentin Leonardo Sandri qui officiera dimanche sur le parvis de la basilique Saint-Pierre.

Le rôle du cardinal Sodano et de Mgr Dziwisz

Ce sera en effet la première fois depuis son élection en octobre 1978 que Jean Paul II ne donnera pas personnellement sa bénédiction lors de ce rendez-vous hebdomadaire avec les fidèles, lorsqu’il se trouve à Rome.

En attendant, la rechute du pape, condamné temporairement au silence à la suite d’une trachéotomie, oblige le secrétaire d’Etat, Angelo Sodano, et le secrétaire particulier de Jean Paul II, Mgr Stanislaw Dziwisz, à prendre en main un certain nombre de décisions s’agissant du gouvernement quotidien de l’Eglise catholique.

L’Italien Angelo Sodano, véritable «chef de gouvernement» du Vatican, et le Polonais Stanislaw Dziwisz, intermédiaire incontournable auprès du pape hospitalisé, assurent en effet dans les faits la continuité de l’appareil. Cela, sans pour autant assumer ce qui relève de la compétence exclusive du pape.

Interprétations et contradictions

Des sources médicales n’ont pas exclu samedi que le pape doive garder définitivement la canule, le tube de plastique qui lui a été implanté à la base du cou pour faciliter l’alimentation en air de ses poumons. Là aussi, les informations sont contradictoires, selon les professeurs interrogés. Selon Giancarlo Cianfrone, professeur à l’Université de Rome, cité par l’Agence France presse, le séjour du pape Jean Paul II dans l’hôpital Gemelli de Rome sera longue. Il aura besoin de semaines pour recommencer à parler, a-t-il estimé.

Questions relancées

Reste les questions qui se posent de manière plus précises que jamais, sur la possibilité de Jean Paul II à diriger l’Eglise catholique. Là aussi les avis divergent, selon que l’on se veut rassurant, comme c’est le cas pour le cardinal espagnol Julian Herranz, expert juridique du Vatican, selon qui Jean Paul II ne renoncera pas à sa charge de chef de l’Eglise catholique car celle-ci «n’est pas Coca Cola ou General Motors» où les dirigeants démissionnent quand leur santé décline.

La rapide dégradation de l’état de santé de Jean Paul II a relancé ces derniers temps le débat sur un possible renoncement de sa part au poste qu’il occupe, mais le pape a toujours réitéré sa volonté de rester jusqu’au bout à la tête de l’Eglise. (apic/ag/pr)

27 février 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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