Rome: Santé du pape

«L’essentiel est dans le message», assure Navarro Vals

Rome, 2 octobre 2003 (Apic) Dans un entretien à paraître le 3 octobre 2003 dans le «Figaro Magazine», le porte-parole du Saint-Siège, Joaquin Navarro- Valls, comprend l’inquiétude de ceux qui observent les limites physiques de Jean Paul II. Mais pour lui, l’essentiel est dans le message, qui dépasse «la figure et l’apparence physique».

Le «Figaro Magazine» – qui publie un numéro consacré au 25e anniversaire de l’élection de Jean Paul II – se demande en effet s’il n’y a pas une limite au-delà de laquelle l’admiration face au pape souffrant, se transforme en malaise. A cela, Joaquin Navarro-Valls répond, «il m’est facile de partager l’inquiétude de ceux qui souffrent en voyant les limites du Saint-Père. Spécialement pour les personnes qui restent encore marquées par sa figure rayonnante d’il y a quelques années. Mais sa raison d’être aujourd’hui dans l’Eglise et dans le monde va au-delà de son image d’homme âgé et malade».

Selon le porte-parole du Saint-Siège, «l’essentiel est dans le message, les idées, les valeurs, les objectifs que le pape transmet et dont il est le témoin. Leur signification dépasse largement la figure et l’apparence visible». «Il ne faut pas ressentir de malaise ou d’inquiétudes», souligne-t-il. «Mais plutôt éprouver la dramatique insuffisance d’une culture qui valorise à tel point la «jeunesse» comme une valeur absolue qu’elle retire sens et signification à la totalité de la vie humaine».

Pour Joaquin Navarro-Valls, il est «logique d’alléger les efforts du pape lorsque cela est possible. Si, par exemple, cela lui coûte de lire un long texte, un collaborateur proche peut le lire à sa place. Quand les déplacements ont commencé à devenir plus pénibles, ils ont été facilités par quelques moyens pratiques». Mais cela, selon lui, «est accessoire dans le contexte d’une mission, comme celle du ministère du pape, aussi singulière et différente des autres personnalités de la scène internationale».

Marqué par une image

Joaquin Navarro-Valls se dit en outre particulièrement marqué par une image du dernier voyage du pape en Slovaquie, à la sortie de la cathédrale de Trnava. «Jean Paul II, raconte-t-il, a vu un groupe de personnes handicapées en chaise roulante. Le pape, lui même assis sur un petit trône mobile, a ordonné de modifier le parcours pour se rapprocher de ces personnes souffrantes. La main du pape effleurait les visages et les mains. Et eux, à leur tour, allongeaient leurs mains vers son visage. Aucune parole n’a été prononcée. C’était inutile. Tout était limpide, éloquent, accompli».

Le secrétaire polonais du pape sur le ton de la plaisanterie

Toujours à propos de la santé du pape, le secrétaire du pape, Mgr Stanislaw Dziwisz, a «plaisanté» sur la santé de Jean Paul II, en s’adressant jeudi à des journalistes. L’archevêque polonais, au service de Jean Paul II depuis une quarantaine d’années, a échangé avec quelques journalistes qui lui demandaient des nouvelles de la santé du pape. «Vous en savez plus que nous. D’ailleurs beaucoup de journalistes qui ont fait des commentaires sur sa santé ces dernières années sont déjà enterrés», a-t- il répondu entre deux portes, à l’occasion de la visite au Vatican du président lituanien, Rolandas Paksas.

Il n’y a jamais eu d’interview

Le prélat a également voulu donner sa version des faits quant aux paroles prononcées récemment par le doyen des cardinaux, le cardinal allemand Joseph Ratzinger. «Hier le cardinal en pleurait presque, il n’y a jamais eu d’interview». «Il passait un jour dans la rue, raconte le secrétaire du souverain pontife, lorsqu’un journaliste lui a posé la question s’il était bien vrai que le pape n’allait pas bien. S’il ne va pas bien, alors priez pour lui, a répondu le cardinal Joseph Ratzinger».

Le magazine allemand «Bunte», dans son édition du 1er octobre, a en effet publié cet entretien avec le préfet de la Congrégation de la doctrine de la foi dans laquelle ce dernier affirme que le pape «est en mauvaise santé» et qu’il «faut prier pour lui». Le secrétaire du cardinal allemand a également démenti l’existence d’une telle interview. (apic/imedia/pr)

2 octobre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!