Le Saint-Siège, assure-t-il, ne s’oppose pas à une adhésion
Rome: Selon Barroso, le voyage de Benoît XVI en Turquie rapprochera ce pays de l’Europe
Rome, 5 mai 2006 (Apic) Le voyage à Istanbul de Benoît XVI en novembre prochain «est très important» car il «rapprochera la Turquie de l’Europe», a déclaré le président de la Commission européenne, le 5 mai 2006. José Manuel Barroso répondait aux questions de l’agence Ansa à l’issue de sa rencontre avec le pape et le secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats, Mgr Giovanni Lajolo.
Le Saint-Siège «ne s’oppose d’aucune façon à l’adhésion de la Turquie» à l’Union européenne, «mais insiste sur la défense de la liberté religieuse» dans ce pays, a déclaré à l’agence de presse italienne le président de la Commission européenne. Dans la matinée, il s’était entretenu une vingtaine de minutes avec le pape puis avec Mgr Giovanni Lajolo. Ce point est retenu comme «important» par l’Europe «car cela concerne la défense des droits de l’homme», a-t-il expliqué.
«Tous les candidats qui veulent être membres de la Communauté européenne doivent se conformer au respect scrupuleux du principe de la liberté religieuse», a poursuivi José Manuel Barroso.
Quoiqu’il en soit, il s’est dit «sûr du fait que la visite» du pape à Istanbul prévue fin novembre 2006 «donnera une certaine contribution pour des relations encore plus étroites entre la Turquie et les autres pays d’Europe».
Par ailleurs, le président Portugais de la Commission européenne a souligné que «l’Eglise catholique avait toujours appuyé l’Europe et son intégration, tout comme Benoît XVI». Celui-ci a d’ailleurs manifesté au président de la Commission européenne sa grande «confiance dans le rôle de paix et de cohésion» que l’Union européenne (UE) peut avoir dans le monde.
«Benoît XVI parle beaucoup de l’Europe, de ses valeurs et du besoin de renforcer ces valeurs», a aussi affirmé José Barroso en français sur les ondes de Radio Vatican dans l’après-midi du 5 mai. «Donc j’ai reçu un message d’appui et de confiance pour l’UE». «Pour moi, c’est très encourageant de recevoir ce message car la tendance est de mettre en relief les problèmes, en oubliant les tendances à long terme», a-t-il commenté, ajoutant que «l’Eglise catholique a cette tradition et cette vocation de voir à long terme».
Pas l’unanimité
«Nous avons aujourd’hui en Europe certains problèmes», a reconnu le Portugais. «Mais l’Europe est beaucoup plus forte aujourd’hui qu’il y a 10 ans». «Nous sommes, à 25, plus respectés aux Etas-Unis et en Chine. Car l’Europe a été capable de s’élargir», a-t-il conclu.
Benoît XVI a reçu en audience au Vatican le président de la Commission européenne, le Portugais José Manuel Barroso. Leur discussion a porté sur l’avenir de la construction européenne et le rôle que peuvent y tenir les chrétiens.
Dans l’après-midi, José Manuel Barroso a rencontré Romano Prodi, son prédécesseur à Bruxelles, qui a remporté le 10 avril dernier les élections législatives italiennes. L’adhésion de la Turquie à l’Union européenne ne fait pas l’unanimité ni au sein de la curie romaine ni auprès de cardiaux influents. (apic/imedia/ar/pr)



