Le cardinal Castrillon Hoyos insiste sur la formation des aumôniers

Rome: Séminaire sur la mission des aumôniers de prison

Rome, 4 mars 2005 (Apic) La mission des aumôniers de prison aussi «délicate» qu’»importante», requiert «une formation sérieuse» et «pluridisciplinaire», estime le préfet de la Congrégation pour le clergé.

Le cardinal Dario Castrillon Hoyos s’adressait aux participants au séminaire sur «les droits de l’homme des prisonniers» organisé au Vatican par le Conseil pontifical Justice et Paix et la Commission internationale de la Pastorale catholique des Prisons.

«Nous avons la responsabilité de bien traiter» les prisonniers et «de préserver le mieux possible leurs droits», a déclaré le cardinal Castrillon Hoyos à I’Apic, à l’issue de la conférence donnée au palais Saint-Calixte, dans le quartier du Trastevere, à Rome.

Le préfet de la Congrégation pour le clergé s’est adressé en espagnol, sa langue maternelle, aux quelque 80 experts, étudiants et aumôniers de prisons venus d’une vingtaine de pays pour participer au séminaire sur ’les droits de l’homme des prisonniers’ organisé les 1er et 2 mars au Vatican.

«Dans sa mission pastorale et évangélisatrice, l’Eglise a le devoir de collaborer avec la société pour préserver la dignité de chaque être humain», a déclaré le cardinal dans son allocution. Il a aussi rappelé que «la pastorale pénitentiaire» est pleinement «ancrée dans la pastorale de l’Eglise».

La pastorale pénitentiaire «est une pastorale vraiment spécialisée, qui requiert une connaissance carcérale exacte de la situation, et qui s’enrichit en même temps profondément quand d’autres secteurs de la pastorale diocésaine comme la caritas ou la pastorale familiale interviennent de façon coordonnée», a-t-il encore expliqué. Pour lui, la pastorale des prisons est «une pastorale nécessaire et irremplaçable», même si elle «n’est pas un champ facile à cultiver».

Formation théologique et pastorale

Selon le cardinal, pour pouvoir réaliser une mission aussi délicate qu’ardue et importante, «il faut une sérieuse formation théologique et pastorale, spirituelle et humaine, incluant la psychologie, avec une connaissance précise de la situation carcérale et des normes pour la réguler». «Il en résulte, à cette fin, une actualisation pluridisciplinaire permanente chez les aumôniers de prison».

Le cardinal a enfin encouragé les aumôniers de prison à travailler «à l’humanisation des prisons» et à «appuyer toutes les initiatives» conduisant à cette fin. Il les a aussi poussés à «promouvoir la solidarité entre prisonniers» pour rendre «l’environnement carcéral plus familial et plus humain», à s’occuper des «familles des prisonniers et de celles victimes des délits de ceux emprisonnés».

Une quinzaine de spécialistes de l’univers carcéral sont intervenus au cours de conférences et tables rondes. (apc/imedia/ar/pr)

Locarno: Les protestants ont quitté la ville il y a 450 ans

Manifestations sous le signe de la paix et de la tolérance

Locarno, 4 mars 2005 (Apic) Renoncer à la nouvelle religion ou quitter la ville. C’est devant cet ultimatum que se sont trouvés les protestants de Locarno il y a 450 ans. Plus de 50 familles, avec au total 173 personnes, ont déménagé le 3 mars 1555 à Zurich.

La ville de Locarno ne va pas commémorer cet exode des protestants à une date précise, mais marquer l’événement par une série de manifestations sur le thème «Paix et tolérance». Le canton du Tessin, à forte majorité catholique, compte actuellement un peu plus de 20’000 protestants.

La décision d’expulser les réformés a été prise lors de la diète fédérale de Baden en novembre 1554. Mais les autorités locales ont attendu que les mois les plus froids de l’hiver soient passées avant passer à l’acte. Cette brève période intermédiaire n’a de loin pas été marquée par un esprit de tolérance. Le 21 janvier 1555, le cordonnier protestant Nicolas Greco a péri sur le bûcher pour avoir exprimé une remarque jugée désobligeante au sujet d’une pratique catholique.

Une statue ne boit pas de vin

Les offrandes à la Vierge constituaient une pratique courante, et encouragée par le curé de la ville. A un fidèle se rendant à la Madonna del Sasso, un lieu de pèlerinage surplombant Locarno, le cordonnier avait demandé à qui était destinée la bouteille qu’il transportait. «A la Mère de Dieu», répond le catholique. «Mais une statue ne peut pas boire de vin», lui répond Nicolas Greco. Cette remarque lui aura coûté la vie.

Devant l’ultimatum fixé par les autorités, quelques habitants de Locarno sont revenus au catholicisme. Mais la plupart – comme les familles Pestalozzi et von Orelli – ont émigré à Zurich où ils se sont adonnés au commerce de la soie. La joie des catholiques de Locarno lors du départ des protestants a été de courte durée. «Avec eux, la partie la plus zélée et la plus capable de la population a quitté la ville. Et le commerce sur la place de Locarno est tombé en ruines», écrit Alfred Stucki dans son «Histoire du mouvement évangélique en Italie et dans la partie italophone de la Suisse». (apic/rna/job/bb)

4 mars 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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