Impliquer le monde musulman dans un dialogue respectueux
Rome: Session de la commission bilatérale entre juifs et catholiques
Rome, 2 mars 2006 (Apic) Il est de notre devoir d’impliquer le monde musulman dans un dialogue respectueux, estiment les membres de la Commission bilatérale entre juifs et catholiques. Iles appellent praticiens et scientifiques au respect du don de la vie,
Réunis au Vatican du 26 au 28 février 2006, les membres de la Commission bilatérale entre juifs et catholiques ont réfléchi sur la relation entre vie humaine et technologie, dénonçant fermement l’euthanasie et posant des limites éthiques à l’application des sciences. Ils ont aussi estimé que leur devoir était d’agir auprès du monde musulman afin d’impliquer ses représentants dans un dialogue respectueux. C’est ce que rapporte un communiqué signé le 28 février par les responsables des deux délégations catholique et juive, le cardinal Jorde Mejia et le grand rabbin Shear Yashuv Cohen, et rendu public le 2 mars.
Au cours de la 6e rencontre de la commission bilatérale entre juifs et catholiques tenue à Rome, «nous avons abordé le sujet de la relation entre vie humaine et technologie, conscients des avancées conséquentes de la science médicale ainsi que des défis et des opportunités qu’elles présentent», peut-on lire dans le communiqué. Si la science, la médecine et la technologie contemporaines obtiennent des «résultats remarquables» dans le soin et la protection de la vie, reconnaissent les représentants religieux, elles portent aussi avec elles «de plus grandes responsabilités, des défis éthiques profonds et des dangers potentiels».
«Il doit y avoir des limites à l’application de la science et de la technologie dans la reconnaissance du fait que tout ce qui est faisable technologiquement n’est pas éthique», peut-on lire dans le communiqué.
Appel aux praticiens et aux scientifiques
«Parce que la vie est un don divin à respecter et à préserver, nous rejetons d’emblée l’idée d’une propriété humaine de la vie et le droit de tout être humain à en décider la valeur et la durée», poursuit le document signé par 7 juifs et 5 catholiques. «Ainsi, nous rejetons le concept d’euthanasie active comme un attribution humaine illégitime d’une autorité divine exclusive pour déterminer le moment de la mort d’une personne».
«Nous pressons les praticiens et les scientifiques à s’engager avec la sagesse de la religion et à être guidés par elle dans tous les domaines de la vie et de la mort», demandent alors les représentants de la Commission du Saint-Siège pour les relations religieuses avec les juifs et du Grand Rabbinat d’Israël à Rome formant la commission bilatérale. «Nous recommandons pour cela que, dans de telles matières, en plus de la consultation nécessaire avec les familles concernées, cela se passe toujours avec les autorités religieuses pertinentes».
Ils rejettent enfin totalement l’idée que «la nature temporaire de l’existence humaine sur terre nous permette de l’instrumentaliser». Dans cette optique, disent les 12 signataires du document, «nous condamnons fermement toute sorte de carnage pour promouvoir une idéologie, particulièrement si cela est fait au nom de la religion».
Au-delà du dialogue bilatéral
Pour les signataires du document, les abus et les tensions actuelles entre les civilisations «nous demandent d’aller au-delà de notre dialogue bilatéral qui a un caractère d’engagement unique. Ainsi, disent-ils, «nous croyons qu’il est de notre devoir d’engager et d’impliquer le monde musulman et ses leaders dans un dialogue respectueux et la coopération». «De plus, nous appelons les leaders du monde à apprécier le potentiel essentiel de la dimension religieuse pour aider à résoudre les conflits et dissensions et les appelons à défendre le dialogue interreligieux à cette fin», conclut le document signé du 28 février 2006.
La Commission bilatérale judéo-chrétienne s’était réunie une 5e fois, à Jérusalem, sur le thème des relations entre autorités civiles et religieuses, du 26 au 28 juin 2005. La première rencontre de ce type avait eu lieu sous le pontificat de Jean-Paul II, en juin 2002, à Jérusalem, sur le respect de l’homme créé à l’image de Dieu.
Canaux de discussions
Ces rencontres entre le Saint-Siège et le grand Rabbinat d’Israël constituent l’un des canaux de discussions entre juifs et catholiques. Les discussions entre le grand Rabbinat et le Saint-Siège portent uniquement sur des thèmes religieux.
La Commission du Saint-Siège pour les relations religieuses avec les juifs a été instaurée par Paul VI le 22 octobre 1974. Organisme distinct, mais lié au Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, son rôle est de stimuler les rapports entre les deux religions, avec la collaboration éventuelle des autres confessions chrétiennes, dans l’esprit de la Constitution conciliaire ’Nostra aetate’ (28 octobre 1964), posant les bases du dialogue judéo-catholique, fondé sur l’oecuménisme et «le refus de l’antisémitisme». (apic/imedia/ar/pr)



