Durant l’heure de débat libre au Synode sur l’Eucharistie
Rome: Seuls les thèmes des interventions des pères synodaux rapportés à la presse
Rome, 6 octobre 2005 (Apic) Mgr Nikola Eterovic, le secrétaire général du Synode des évêques, a décidé que les noms des intervenants au cours de l’heure de débat libre quotidienne du Synode ne seraient plus communiqués à la presse, afin de donner plus de liberté de parole aux pères synodaux. C’est ce qu’ont rapporté à la presse vaticane, le 6 octobre 2005, les différents responsables de l’information du Synode.
«Avant que l’on parle, soyez tranquilles» parce que «vos noms ne seront pas donnés», a déclaré Mgr Nikola Eterovic, secrétaire général du Synode des évêques aux 256 pères synodaux, au début de l’heure quotidienne de débat, dans la soirée du 5 octobre 2005.
Déjà, les cinq responsables de l’information nommés pour rapporter à la presse le déroulement des séances à huis clos avaient décidé le jour même de ne plus livrer les propos tenus par les pères synodaux.
Ils continuaient toutefois de donner aux médias les noms des intervenants avec le thème de leur intervention. Désormais, seuls les thèmes des propos abordés entre 18h et 19h seront communiqués à la presse. Ceci afin de donner toute leur liberté aux pères synodaux souhaitant intervenir spontanément sur un sujet en présence de leurs confrères.
Le 5 octobre 2005, 24 pères synodaux ont pris la parole entre 18h et 19h, a rapporté le Père Giorgio Costantino, responsable de l’information pour la langue italienne. Il a qualifié le climat de «très cordial», soulignant «la liberté» de parole des pères synodaux et «la fraternité» qu’ils ont entre eux. Durant les débats, les participants au synode ont beaucoup insisté sur la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie et sur la centralité de ce sacrement dans la vie des catholiques.
Certains pères synodaux, dont le théologien italien Mgr Bruno Forte, ont souligné l’importance de la qualité et de la beauté de la liturgie, en en dénonçant aussi les abus. Un père synodal a rappelé à ce sujet que les normes disciplinaires avaient des fondements théologiques; l’un de ses confrères, que Dieu exigeait la sainteté dans la liturgie; un autre, que plus que de combler le manque de prêtres en ordonnant des séminaristes, il s’agissait de bien les préparer pour avoir de saints prêtres.
Les interventions des pères ont en outre porté sur les dispositions requises pour communier, sur la nécessité de se préparer à la messe dans le recueillement, ainsi que sur l’importance des autres types de prière complémentaires à la célébration eucharistique. Plusieurs pères synodaux, dont le cardinal Camillo Ruini, vicaire de Rome, ont parlé de l’adoration eucharistique et de sa valeur réparatrice. L’un d’eux a souligné l’importance des congrès eucharistiques, dont celui de Philadelphie de 1976, qui a porté des fruits spirituels dans le long terme.
La présence de femmes à l’autel. un manque de respect ?
Certains pères ont aussi parlé du sens du sacré, de la déférence nécessaire envers le Saint-Sacrement, l’un d’entre eux jugeant la présence de femmes à l’autel, notamment pour distribuer la communion, comme un manque de respect. Un autre a remis en cause la valeur de la messe solitaire, sans peuple de Dieu.
Plusieurs pères synodaux sont revenus sur l’intercommunion, l’un d’entre eux demandant que des propositions concrètes soient faites dans ce domaine. Le rapporteur général du Synode, le cardinal Angelo Scola, le dernier à intervenir, a fait appel aux experts théologiens pour cela.
Mgr Tadeusz Kondrusiewicz, l’archevêque à Moscou, a souligné l’importance de l’oecuménisme, évoquant la présence d’orthodoxes venant dans les églises catholiques en Russie pour demander le sacrement de la réconciliation. Un père synodal, évoquant les nombreux chrétiens orientaux immigrés, citant l’exemple de la diaspora gréco-catholique aux Etats-Unis, a demandé à ce qu’ils puissent conserver leur rite à l’étranger. Il a aussi souligné l’importance des chrétiens pour Jérusalem et demandé à ce que le message final du Synode contienne un mot sur la Palestine et la Terre Sainte.
Par ailleurs, un père synodal a suggéré un temps d’adoration eucharistique pour tous les participants au Synode, qui serait présidé par le pape durant leur rassemblement, et qui aurait ainsi une valeur exemplaire pour le monde. La date du 17 octobre a été suggérée.
Déjà, depuis plusieurs jours, le Saint-Sacrement est exposé dans la chapelle du Synode entre 8h et 9h le matin, et de 15h30 à 16h30, permettant à ceux qui le souhaitent de se recueillir dans le silence avant les congrégations générales.
Enfin, à l’issue des débats, Mgr Eterovic a fait savoir que 50 euros avaient été retrouvés, soulignant avec humour l’honnêteté des personnes présentes. Le pape, qui présidait l’assemblée, en écoutant avec beaucoup d’attention les débats, a remercié tous les pères synodaux pour leurs interventions, avant de conclure par une prière. (apic/imedia/ar/be)



