Revendication d’un statut spécial pour Jérusalem
Rome: Signature d’un Accord entre le Saint-Siège et l’Autorité palestinienne
Rome, 15 février 2000 (APIC) Le Saint-Siège et l’Organisation pour la Libération de la Palestine ont signé mardi 15 février à Rome un accord en douze points définissant le statut juridique de l’Eglise catholique dans les territoires dépendant de l’Autorité palestinienne. Le texte évoque également la question du statut de Jérusalem et celle du conflit israélo-palestinien. Il exige le respect des droits inaliénables du peuple palestinien.
Le préambule du texte rappelle en effet fermement qu’»une solution équitable pour la question de Jérusalem, basée sur des résolutions internationales, est fondamentale pour une paix juste et durable au Moyen-Orient». «Des décisions unilatérales et des actions modifiant le caractère spécifique et le statut de Jérusalem sont moralement et légalement inacceptables». Pour les signataires, Jérusalem doit bénéficier d’un statut spécial garanti internationalement qui permette de sauvegarder «la liberté de religion et de conscience pour tous; l’égalité devant la loi des trois religions monothéistes, de leurs institutions et de leurs fidèles dans la ville; l’identité propre et le caractère sacré de la ville; la signification universelle de son héritage religieux et culturel», la liberté d’accès et de culte pour les Lieux Saints.
Pour le respect des droits des Palestiniens
Abordant le conflit israélo-palestinien, le Saint-Siège et l’OLP lancent un appel pour une solution pacifique qui puisse réaliser «les droits nationaux légitimes et inaliénables et les aspirations du peuple palestinien». Ils soulignent l’importance du respect de la loi internationale exprimée par les résolutions du Conseil de Sécurité des Nations-Unies. La solution du conflit doit être trouvée sur des bases de justice et d’équité, insistent-ils, par des négociations et des accords.
Palestiniens, musulmans et chrétiens, sont égaux
Concernant les relations entre l’Eglise catholique et l’autorité palestinienne, l’accord stipule que tous les citoyens palestiniens sont «des membres égaux de la société palestinienne» quelque soit leur religion. L’OLP s’engage donc à lutter contre toutes les formes de discrimination en particulier religieuse – et contre les menaces de la vie et de la dignité humaine. Elle reconnaît par ailleurs la «personnalité juridique de l’Eglise catholique dans les territoires dépendant de l’Autorité palestinienne, ses droits dans les domaines économique, légal et fiscal, et sa liberté d’agir dans les domaines spirituel, religieux, moral, caritatif, éducatif et culturel».
Enfin, l’accord souligne l’importance de la Terre Sainte comme «un espace privilégié pour le dialogue interreligieux entre les fidèles des trois religions monothéistes». L’OLP et l’Eglise catholique «continueront à encourager le dialogue interreligieux pour la promotion d’une meilleure compréhension entre les peuples de différentes religions», peut-on lire dans le texte.
Cet accord signé par le sous-secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats, Mgr Celestino Migliore, et par Emile Jarjoui, membre du Comité exécutif de l’Organisation pour la Libération de la Palestine, peut être comparé à celui signé le 10 novembre 1997 à Jérusalem, concernant la reconnaissance juridique de l’Eglise catholique par l’Etat israélien. A l’époque, cet accord avec Israël n’avait toutefois pas mentionné la question du statut de Jérusalem. (apic/imed/mp)



