Ordination d’hommes mariés et divorcés-remariés au menu

Rome: Sixième et avant-dernière session de débat libre pour les pères synodaux

Rome, 11 octobre 2005 (Apic) L’avant-dernière session de débat libre, dans la soirée du 10 octobre 2005, a permis aux pères synodaux d’évoquer des thèmes variés comme l’ordination d’hommes mariés, la communion des divorcés- remariés ou diverses questions liturgiques. 23 d’entre eux se sont exprimés, en présence du pape.

«J’ai entendu la triste affirmation selon laquelle nous manquons de prêtres car nous exigeons qu’ils soient célibataires», a regretté l’un des pères synodaux lors de l’heure de libre débat du 10 octobre 2005. Il a ensuite confié qu’il s’agissait, à ses yeux, du «symptôme d’une crise de foi». Ce prélat s’est alors opposé à l’ordination d’hommes mariés, estimant qu’il ne s’agissait pas d’une solution, et précisant que cela pourrait aboutir à des situations graves comme «le problème de prêtres divorcés» ou «l’abandon de famille».

Lors de cet échange dans la salle du Synode, un autre évêque est intervenu sur les solutions à apporter au manque de prêtres. Il a émis le désir que, si le Synode venait à travailler sur la question de l’ordination d’hommes mariés, il devrait aussi réaffirmer la beauté du célibat, en veillant à ne pas l’affaiblir.

Concernant la question de l’accès à la communion des divorcés- remariés, un prélat asiatique a expliqué que, dans son pays, l’Eglise avait développé les actes des tribunaux ecclésiastiques pour les cas de divorces, multipliant et facilitant les causes de nullité. Il a précisé qu’il s’agissait d’éviter les situations délicates de divorcés-remariés se sentant exclus de la communion.

Un autre père synodal a réaffirmé devant ses collègues évêques le besoin de respecter les normes liturgiques. Il a demandé que l’Eglise soit plus attentive à ces questions, précisant qu’elles étaient «le code de la route» de l’Eucharistie.

Exception à la règle

Contrairement à la règle, le nom de l’un des intervenants à été rapporté à sa demande aux journalistes par le père Costantino, chargé de l’information. L’archevêque de Corfou (Grèce), Mgr Yannis Spiteris, a ainsi demandé la réintroduction dans la célébration de la messe d’une prière eucharistique orientale supprimée après le Concile Vatican II, en 1967.

Intervenant devant ses collègues, le prélat a confié «avoir fait dans la nuit le rêve, après la longue journée de travail de la veille, de saint Thomas célébrant la messe en utilisant la prière eucharistique de saint Basile» (saint Basile de Césarée, évêque et docteur de l’Eglise au IVe siècle qui inspira une liturgie encore utilisée par les Eglises orientales, ndlr). L’archevêque de Corfou a estimé que la restauration de cette prière eucharistique faciliterait le dialogue oecuménique. Il a aussi suggéré la tenue d’une rencontre de travail entre juristes catholiques et orthodoxes, autour de la spiritualité de l’unité des chrétiens.

L’heure de débat libre a fait suite, dans la soirée du 10 octobre 2005, à la 12e congrégation générale à laquelle avaient participé quelque 242 pères synodaux. Benoît XVI n’a pas assisté à cette congrégation générale mais était présent, en revanche, lors des échanges libres dans la salle du Synode au Vatican. (apic/imedia/ami/pr)

11 octobre 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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