Mgr Fitzgerald précise l’enjeu du dialogue
Rome: Sommet mondial des religions, du 23 au 28 octobre
Rome, 12 août 1999 (APIC) Du 23 au 28 octobre, un nouveau sommet mondial des religions devrait rassembler à Rome et à Assise 200 responsables des principales religions, à l’invitation du Conseil pontifical pour la Dialogue Interreligieux.
Treize ans après la fameuse rencontre mondiale de prière pour la paix, convoquée par Jean Paul II le 28 octobre 1996 à Assise, le nouveau sommet mondial des religions est considéré par le Vatican comme une nouvelle occasion pour les catholiques, dans leur marche vers le grand Jubilé de l’an 2000, de se préparer à un des grands défis du XXIe siècle: le dialogue entre les religions.
La plupart des rencontres prévues se tiendront d’ailleurs au Vatican. Elles précéderont un pèlerinage à Assise et une déclaration finale sera proclamée le dernier jour en présence de Jean Paul II. L’événement se prolongera par une grande animation festive sur la place Saint-Pierre.
Dialogue et identité
L’année où Jean Paul II convoqua la rencontre des religions pour la paix à Assise, le Vatican et de nombreux évêques à travers le monde avaient multiplié les prises de position pour faciliter l’accueil de cette initiative. Une grande mise au point était alors répétée sur tous les tons: il s’agit bien d’un rassemblement des grands responsables religieux, mais tous prieront séparément pour la paix, assurait-on. Donc, pas question de confondre l’ouverture du dialogue avec la confusion ou le syncrétisme.
Le message est bien passé, mais Mgr Michael Fitzgerald, secrétaire du Conseil pontifical pour le dialogue Interreligieux ne se fait pas trop d’illusion: la rencontre, l’échange en profondeur et la collaboration entre croyants de religions très différentes reste un phénomène assez neuf dans l’histoire, surtout à l’échelle du monde. Il comprend donc que des chrétiens, par exemple, s’interrogent sur la manière de se lancer dans pareil dialogue et sur les conséquences possibles. Confusément, cette interrogation s’accompagne sans doute d’une peur de perdre son identité
Après tout, le Concile Vatican II n’est pas si loin: il faudra encore du temps pour que soient vraiment reçues les grandes orientations de la fameuse déclaration «Nostra Aetate» du 28 octobre 1965 sur les relations de l’Eglise avec les religions non chrétiennes. Le dialogue interreligieux est donc, constate Mgr Fitzgerald, «un phénomène encore neuf dans l’Eglise», qui implique chez les catholiques notamment «le développement d’une prise de conscience du rôle du Christ, qui est fondamental et qui est destiné à toute l’humanité, et non seulement aux chrétiens».
Mgr Fitzgerald voit «l’action de l’Esprit de Dieu». D’ailleurs, explique-t-il, les personnes que les chrétiens sont amenés à rencontrer dans ce cadre «sont des gens biens, honnêtes, collaborateurs». A voir, dit-il, les éléments positifs que comportent d’autres traditions religieuses, les chrétiens peuvent même en rendre grâce à Dieu. «N’allons pas dialoguer, supplie-t-il, en pensant que nous aurions tout et que les autres n’auraient rien. Entrons ensemble dans une découverte mutuelle de nos richesses. En un certain sens, c’est une aventure où l’on fait route ensemble». (apic/cip/pr)




