Rome: Symposium international d’historiens

«L’Inquisition» et non «les Inquisitions» dit le cardinal Etchegaray

Rome, 29 octobre 1998 Les différents tribunaux de l’Inquisition constituent une seule réalité, a souligné jeudi le cardinal Roger Etchegaray, président du Comité central pour le Grand Jubilé de l’an 2000. Il est donc légitime de parler de l’Inquisition au singulier et non des Inquisitions. Car l’Eglise ne cherche pas à faire endosser par quelque autorité civile que ce soit (la Couronne d’Espagne), ce qui est advenu du fait de l’autorité ecclésiastique.

Ouvrant le symposium international d’étude réuni à huis-clos à Rome, le cardinal a noté que pour certains historiens le pluriel correspondait à une «exigence de classification dans le domaine de l’histoire des institutions ecclésiastiques». Mais il passait aux yeux d’autres spécialistes comme un argument «apologétique» consistant à vouloir faire «endosser au seul pouvoir laïc la responsabilité de l’action des tribunaux ibériques».

C’est pour éloigner tout risque d’équivoque que le singulier a été choisi, explique le Président. «L’historiographie la plus récente est d’accord pour souligner que si l’Inquisition a pu adopter, selon les circonstances historiques et les lieux, des modèles d’organisation différents, l’institution a été une, de son origine, au XIIIe siècle, à sa disparition, entre la fin du XVIIIe siècle et le début du XIXe».

C’est pourquoi, le phénomène sera analysé, dit-il, dans sa globalité, en dépit des différences dans le temps et dans l’espace. Et il distingue d’emblée deux périodes: le Moyen Age et l’Age moderne (surtout en Italie, Espagne, Portugal, Amérique Latine), en distinguant l’action des tribunaux envers les judaïsants, les islamisants et les protestants, ou bien leur lutte contre la magie et la sorcellerie, ou la censure des ouvrages imprimés.

Ce symposium réunit au Vatican pour trois jours des historiens, médiévistes, ou spécialistes d’histoire moderne et contemporaine, qui se pencheront sur l’histoire de cette institution, de son organisation, de ses méthodes et de ses procédures, précise le cardinal, dans un but rigoureusement scientifique.

La purification de la mémoire

La demande de pardon suppose d’abord «l’acte de mémoire» que le pape a demandé à l’Eglise dans son exhortation apostolique du 10 novembre 1994, Tertio Millennio Adveniente. Une nouveauté qui en a «a surpris plus d’un» commente le Père Georges Cottier, théologien de la Maison pontificale et secrétaire général de la commission historique et théologique pour le Jubilé. L’expression «purification de la mémoire» de Jean Paul II ne signifie ni effacement, ni, en sens contraire, une sorte d’hypertrophie, «une hantise qui écrase et paralyse». La «purification de la mémoire» demande tout d’abord un «effort pour restituer le passé à son objectivité, en le libérant des distorsions dont l’histoire est porteuse».

Le théologien est alors «à l’école des historiens» et s’associe à cette «diaconie de la vérité», affirme le P. Cottier (apic/imed/mp)

27 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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