Ne pas trop s’attarder sur des considérations pessimistes

Rome: Synode pour l’Europe Mgr Koch et Mgr Fürer espèrent des propositions concrètes

Rome, 7 octobre 1999 (APIC) «Il ne faut pas s’attarder sur des considérations pessimistes, mais faire des propositions concrètes pour l’avenir de l’Eglise». Tel est l’avis de deux des évêques suisses participant au Synode pour l’Europe, Mgr Kurt Koch, évêque de Bâle, et Mgr Ivo Fürer, évêque de Saint-Gall. La correspondante de l’APIC les a rencontrés jeudi au Vatican, dans l’appartement du chapelain de la Garde Suisse, où ils sont logés pendant la durée de l’assemblée.

” Au cours de mon intervention devant les évêques, j’ai comparé le milieu chrétien du passé à une ’serre’, en faisant allusion à la parabole de l’Evangile du semeur», explique Mgr Ivo Fürer, qui reconnaît avoir été «un peu court» dans le résumé de ses propos du 5 octobre mis à la disposition des journalistes. «Pendant plusieurs siècles, la semence, – la parole de Dieu ­ est tombée sur de la bonne terre, et elle a très bien poussée, parce que le milieu chrétien constituait pour elle comme une ’serre’ «, précise-t-il.

«Aujourd’hui cette serre a été attaquée à l’extérieur et s’est rouillée à l’intérieur», continue Mgr Fürer, qui fait allusion à la diminution de la pratique de la foi dans l’Eglise. «Mais le Seigneur nous invite à continuer à semer en dehors de la serre, c’est pourquoi il ne sert à rien de considérer la situation actuelle comme négative en pensant au passé». «Il faut au contraire prendre cela comme un signe de la confiance de Dieu envers nous». Mgr Fürer affirme se retrouver volontiers dans les propos du cardinal belge Godfried Danneels, qui a parlé de «plantes vénéneuses» contenant en elles-mêmes leur «contrepoison», pour expliquer que les phénomènes d’hédonisme, de consumérisme et de religiosité sauvage peuvent être des points d’appui pour une nouvelle évangélisation de la part de l’Eglise.

Comme Mgr Fürer et le cardinal Danneels, Mgr Kurt Koch se dit frappé du ton négatif de certaines analyses. «Ce n’est pas que ces phénomènes ­ l’individualisme par exemple – n’existent pas», souligne-t-il, «mais ce serait être aveugle que de ne pas voir les aspects positifs qu’ils contiennent».

Mgr Kurt Koch n’est pas encore intervenu devant l’ensemble des Pères synodaux, et pense qu’il le fera le 9 octobre, pour insister sur la «perte de la vie sacramentelle de l’Eglise». «La première raison de cette perte est sans doute que nous sommes trop occupés des questions de structures de l’Eglise», explique-t-il, et la deuxième est la pénurie de prêtres aujourd’hui en Europe de l’Ouest . «Cette question a été très peu abordée jusqu’à présent «, remarque l’évêque de Bâle. «Nous avons besoin de réfléchir à la pastorale des vocations, parce que les prêtres sont nécessaires pour la vie sacramentelle de l’Eglise». «Cette nécessité peut même nous amener à poser la question, par exemple, de l’éventualité d’ordonner des hommes mariés».

Pour Mgr Koch, les réunions de groupes linguistiques qui rassemblent quinze à vingt personnes seront un cadre plus propice à des propositions concrètes que les assemblées générales qui sont «intéressantes mais trop longues». Notre première réunion a déjà été l’occasion de faire des observations précises, ajoute l’évêque.

Lors de ce premier carrefour, le 6 octobre, les participants au Synode ont élu des modérateurs pour chacun des neuf groupes linguistiques, deux de langue française, deux de langue anglaise, un pour les germanophones, un pour ceux qui parlent espagnol ou portugais, et trois de langue italienne. Les modérateurs des groupes français élus sont Mgr Emile Marcus, archevêque de Toulouse, et Mgr Louis-Marie Billé, archevêque de Lyon. Ces carrefours linguistiques commenceront véritablement à travailler le 11 octobre. (apic/imed/caroline boüan/mp)

7 octobre 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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