Publication du ’Message du Synode des évêques au peuple de Dieu’
Rome: Synode sur l’Eucharistie
Rome, 23 octobre 2005 (Apic) Le Synode sur l’Eucharistie a publié, le 22 octobre 2005, la version, approuvée par l’assemblée synodale, du ’Message au peuple de Dieu’. Sur les questions ’brûlantes’, les pères synodaux n’évoquent pas l’ordination d’hommes mariés et rappellent la nécessité de suivre la discipline de l’Eglise concernant les divorcés remariés ainsi que pour la communion des chrétiens non catholiques,
Réunis lors de la 20e congrégation générale du Synode, le pères synodaux ont approuvé ce message intitulé ’L’Eucharistie: Pain vivant pour la paix du monde’, qui reprend les grandes lignes des trois semaines de travaux qui s’achèvent. Sur les questions ’brûlantes’, les pères synodaux sont restés en retrait. Ils n’ont pas évoqué l’ordination d’hommes mariés. Ils ont rappelé la nécessité de suivre la discipline de l’Eglise concernant les divorcés remariés. Discipline à suivre aussi, en matière de communion des chrétiens non catholiques.
Des problèmes non élucidés
«Le but du Synode, affirme le message, était d’offrir au Saint-Père des propositions qui serviront à mettre à jour la pastorale eucharistique de l’Eglise». Un long passage du Message final, titré ’Défis pour un renouveau eucharistique’, s’ouvre sur une note d’impuissance de la part des pères synodaux. «La vie de nos Eglises est marquée (.) par des ombres et des problèmes que nous n’avons pas éludé», déclarent-ils d’emblée, sans que soient trouvées des réponses à ces points épineux. Les signataires du message regrettent en premier lieu «la perte du sens du péché» et «la crise persistante dans la pratique du sacrement de pénitence». Mais ils abordent aussi la question du manque de prêtres, celle des divorcés remariés ou encore la «baisse du sens du sacré».
Ainsi, préoccupés par le manque de prêtres, les pères synodaux invitent «à prier et à promouvoir plus activement les vocations sacerdotales». Ils confient leur «estime» et leur «solidarité» à l’égard des prêtres et des missionnaires. Notant que «des formes variées de célébrations existent déjà dans les différents continents qui souffrent du manque de prêtres», les auteurs du message encouragent «la pratique de la ’communion spirituelle’ (.) pour apporter une vraie consolation à ceux qui, pour diverses raisons, ne peuvent pas recevoir la communion au Corps et au Sang du Christ». Et de citer «les personnes seules, en particulier les handicapés et les vieillards, les prisonniers et les réfugiés». La solution de l’ordination d’hommes mariés, plusieurs fois évoquée au cours du Synode pour pallier au manque de prêtres, n’est pas même mentionnée.
Les pères synodaux confient ensuite connaître «la tristesse de ceux qui n’ont pas accès à la communion sacramentelle à cause de leur situation familiale non conforme au commandement du Seigneur». Ajoutant que si «certains divorcés remariés acceptent douloureusement de ne pas communier sacramentellement et l’offrent à Dieu (.), d’autres ne comprennent pas cette restriction et vivent une frustration intérieure».
Divorcés-remariés cependant pas exclus de la vie de l’Eglise
Les signataires du message réaffirment que les divorcés remariés «ne sont pas exclus de la vie de l’Eglise» et leur demandent «de participer à la messe dominicale», confiant à leur égard leur proximité «par la prière et la sollicitude pastorale».
Constatant la «baisse du sens du sacré», les participants au Synode souhaitent «une meilleure formation à la vie chrétienne dans les familles, afin que la pratique des sacrements se renouvelle et exprime réellement le contenu de la foi» face à la «déchristianisation». I
Ils se disent aussi interpellés par «les pauvres de toujours et les nouveaux, les victimes toujours plus nombreuses de l’injustice et tous les oubliés de la terre», invitant à ce que ces souffrances ne soient «pas étrangères à la célébration du mystère eucharistique».
Concernant le dialogue oecuménique, les pères synodaux confient tous ressentir «la douleur de la séparation qui empêche la célébration commune de l’Eucharistie». Et veulent «intensifier dans les communautés la prière pour l’unité». Ils rappellent aussi que «des normes précises de l’Eglise déterminent les attitudes à prendre concernant la communion eucharistique avec les frères et soeurs qui ne sont pas encore en pleine communion» et qu’une «saine discipline empêche la confusion et les gestes précipités qui peuvent nuire davantage à la vraie communion».
«L’oubli du continent africain»
Dans une autre partie du message, intitulée ’A l’écoute de la souffrance du monde’, les évêques et les supérieurs généraux affirment avoir «pris conscience des situations dramatiques et des souffrances causées par les guerres, la faim, les différentes formes de terrorisme et d’injustice, qui affectent la vie quotidienne de centaines de millions d’êtres humains». Et de citer «les explosions de violence au Moyen-Orient et en Afrique», se disant «sensibilisés à l’oubli du continent africain dans l’opinion publique mondiale». Les pères synodaux évoquent aussi «les désastres naturels qui semblent redoubler de fréquence», et qui «obligent à considérer la nature avec un plus grand respect et à renforcer les liens de solidarité avec les populations éprouvées».
Quand à la sécularisation, les pères synodaux expliquent: «Nous n’avons pas passé sous silence les conséquences de la sécularisation». Celles-ci «»conduisent à l’indifférence religieuse et à diverses expressions de relativisme». «Que faire pour qu’en cette ère de globalisation, la solidarité triomphe de la souffrance et de la misère ?», s’interrogent-ils alors. Le message fait ensuite appel «à ceux qui gouvernent les Nations afin qu’ils soient les promoteurs de la dignité de toute personne, depuis sa conception jusqu’à sa fin naturelle».
Appel au respect des chrétiens minoritaires dans le monde
Les pères synodaux remercient aussi Dieu que «dans plusieurs pays où les prêtres étaient absents où confinés à la clandestinité, l’Eglise puisse maintenant célébrer librement les Saints Mystères» et saluent «avec affection» et encouragent «tous ceux qui souffrent encore la persécution». Ensuite, sans citer avec précision le pays à majorité musulmane, ils font appel à la liberté religieuse, demandant que, «là où les chrétiens sont en minorité, ils puissent célébrer le Jour du Seigneur en toute liberté».
D’un point de vue liturgique, les signataires du message affirment que «le Concile Vatican II a mis les bases nécessaires pour un renouveau liturgique authentique». Ils invitent alors à «en cultiver les fruits positifs» et à «corriger les abus qui se sont glissés dans la pratique». «Nous sommes convaincus que le respect du caractère sacré de la liturgie passe par une fidélité authentique aux normes liturgiques de l’autorité légitime», déclarent les pères synodaux, avant de demander «que personne ne se considère maître de la liturgie de l’Eglise».
Le message stipule que les travaux du Synode se sont déroulés «dans une atmosphère de joie et fraternité, nourrie par la discussion ouverte des problèmes et le partage spontané des fruits de l’année eucharistique». Les pères synodaux notent par ailleurs que «l’écoute et les interventions» de Benoît XVI ont été pour eux «un exemple et une aide précieuse».
Les pères synodaux se disent encore «émus et secoués par le témoignage des martyrs qui ne manquent pas de nos jours». «Les Eglises particulières en Chine et leurs évêques qui n’ont pas pu se joindre à nos travaux, ont eu une place spéciale dans nos pensées et nos prières», affirment-ils encore.
Dans ses conclusions, le ’Message au peuple de Dieu’ s’adresse en particulier aux prêtres, diacres permanents, laïcs, personnes consacrées, jeunes, séminaristes, époux, familles, personnes malades et handicapées. » Paix à vous !», leur disent les pères synodaux. Ce message final devait être rendu public dans la journée du 21 octobre 2005, mais, lors de la lecture devant l’assemblée synodale dans la matinée, les signataires avaient fait part de quelque 200 amendements, dont certains sur le vocabulaire employé ou les traductions en différentes langues. Le document, rédigé en français sous la direction du cardinal archevêque de Québec Marc Ouellet, comporte 26 paragraphes sur 17 pages. (apic/imedia/ami/vb)




