Rome: «Tolérance zéro» face à la violence, dit le cardinal Martini
Rome 7 décembre 2001 (APIC) Alors que la communauté internationale se retrouve confrontée à une crise mondiale, le cardinal Carlo Maria Martini, archevêque de Milan en Italie, a consacré son traditionnel discours aux habitants de son diocèse à une réflexion sur «la tolérance zéro face à toute parole ou à tout geste de haine». Chaque année à l’occasion de la saint Ambroise, patron du diocèse, le 7 décembre, le prélat donne un message à ses fidèles.
Se disant conscient que «tous les efforts humains pour détruire le mal avec les armes n’auront aucun effet durable», le cardinal Martini a posé la question de savoir si «parler de paix a encore du sens». Il faisait particulièrement allusion aux attentats du 11 septembre, à la situation en Afghanistan et aux affrontements qui se déroulent au Moyen-Orient, mais aussi «à tous les pays où l’injustice risque d’alimenter la haine et la violence».
«La paix ne veut pas dire absence de conflits ou d’hostilités, mais elle doit être le fruit d’une alliance durable et sincère, à partir de l’alliance que Dieu fait entre le Christ et l’homme en lui donnant le pardon», a expliqué l’archevêque de Milan. Il reprenait ainsi le thème du message de Jean Paul II pour la prochaine journée mondiale pour la paix, le 1er janvier 2002,
Soulignant alors «l’urgence pour chaque homme de changer radicalement de vie», il a rappelé l’importance du jeûne proposé par Jean Paul II pour le 14 décembre prochain. Toutefois, a conclu le cardinal Martini, il faut que ce geste «réaffirme la volonté de créer un climat de respect» en particulier avec les autres religions et avec les musulmans qui finiront leur ramadan le même jour.
Placé en décembre 1979 à la tête du diocèse le plus grand d’Europe avec 5 millions de fidèles et un millier de paroisses, le cardinal Martini a dû affronter la période de terrorisme des années 80, alors que Milan était aux prises avec les Brigades rouges. Cette situation l’a rendu sensible à la question de la violence.
Agé de 75 ans le 15 février prochain, le prélat pourrait prendre sa retraite canonique dans le courant 2002. (apic/imed/pr)



