Rome: Tous les réfugiés ont le droit de retourner dans leur patrie, affirme le Saint-Siège

«Y compris les Palestiniens»

Rome, 28 novembre 2007 (Apic) Le cardinal Renato Martino a affirmé le 28 novembre que tous les réfugiés, «y compris les Palestiniens», avaient «le droit de retourner dans leur patrie». Le cardinal italien a aussi qualifié les camps de réfugiés «d’authentiques prisons». Dans un message publié le jour même, le pape a dénoncé l’existence de ces camps.

Le cardinal Martino, président du Conseil pontifical pour les migrants et les personnes en déplacement, s’exprimait au Vatican lors d’une conférence de presse de présentation du Message de Benoît XVI pour la prochaine Journée mondiale du migrant et du réfugié.

«Les réfugiés palestiniens, comme tous les autres réfugiés, ont le droit de retourner dans leur patrie», a ainsi affirmé le cardinal Renato Martino interrogé sur les résultats de la conférence sur le Proche-Orient organisée la veille à Annapolis, aux Etats-Unis. Le haut prélat a souligné avoir observé «avec très grande joie ce premier pas», soulignant que cette conférence avait été une «bonne introduction qui encourage tous ceux qui sont sensibles au problème du Proche-Orient». La conférence israélo-palestinienne de la veille a ainsi engagé les deux parties à conclure un traité de paix avant la fin 2008. Mais le président américain George Bush, qui faisait office de médiateur, a défini Israël comme «la patrie du peuple juif», prenant clairement position contre le droit au retour des réfugiés palestiniens.

Les camps de réfugiés, des authentiques prisons

Au Vatican, le cardinal Martino a également souligné que les camps de réfugiés à travers le monde étaient «d’authentiques prisons». «J’ai visité beaucoup de centres de ce genre et, de nombreuses fois, j’ai vu qu’il était impossible d’y accéder parce qu’on ne voulait pas montrer les conditions» dans lesquelles sont accueillis les réfugiés qui sont «traités comme des prisonniers», a-t-il insisté.

Au cours de la conférence de presse, Mgr Agostino Marchetto a également pris la parole pour présenter le message du pape consacré aux «jeunes migrants». Le secrétaire du Conseil pontifical pour les migrants et les personnes en déplacement a aussi évoqué la vie dans les camps d’accueil de réfugiés, «surpeuplés», demandant que ceux-ci redeviennent ce pour quoi ils ont été créés: «des lieux où l’on séjourne temporairement». Il a alors appelé à être attentif à y combattre «la malnutrition», à y favoriser la scolarisation des enfants et à y permettre «une liberté de mouvement».

Mgr Marchetto est également revenu sur la situation des jeunes réfugiés, évoquant leur «déracinement forcé». Il a dénoncé les Etats qui vont «jusqu’à l’incarcération de mineurs non accompagnés» et a exigé une plus grande attention à «l’état émotionnel» de ces jeunes migrants, «au soin et à une protection spécifiques en vue de leur bien-être physique et psychologique».

Intervenant par ailleurs sur le regroupement familial, le cardinal Martino a estimé qu’il représentait «un problème pour les enfants qui arrivent dans des pays d’immigration de nombreuses années après leurs parents». Ils se trouvent confrontés à «de graves obstacles d’adaptation, qui dérivent d’une enfance passée loin des parents, du détachement affectif et soudain des grands-parents ou de ceux qui les ont élevés, de la disparition des domaines et des lieux où ils ont grandi, de ce même regroupement avec des parents quasi-inconnus, de l’insertion dans une société initialement incompréhensible, de l’apprentissage d’une nouvelle langue, d’une alimentation différente». «Tous ces éléments peuvent aussi causer des maladies physiques ou psychiques», a-t-il aussi relevé.

Le danger de la marginalisation des jeunes immigrés

Le haut prélat italien a aussi souligné combien les «jeunes immigrés vivent profondément la tension de la double appartenance». Ainsi, un immigré vit «dans une situation de grande incertitude qui l’empêche de penser à un projet crédible pour son propre avenir et multiplie les facteurs qui mènent à la marginalisation, laquelle ouvre grand les portes au milieu de la criminalité, à la prostitution, à l’alcool, à la drogue et au vol».

A son tour, le sous-secrétaire du dicastère, Mgr Novatus Rugambwa, a évoqué la question des étudiants internationaux. «Beaucoup d’entre eux vivent une sorte de choc culturel», a-t-il relevé, certains font aussi l’expérience d’une sorte de liberté qui peut «désorienter». Outre les «difficultés financières», Mgr Rugambwa a aussi souligné que les étudiants étrangers pouvaient faire face à «un tout autre danger comme en témoigne le meurtre récent d’une jeune étudiante Erasmus à Pérouse». Dans la nuit du 1er au 2 novembre dernier, une Britannique de 22 ans a été assassinée dans son appartement de cette ville italienne. Plusieurs jeunes sont suspectés par la police: deux étudiants Italiens, un Congolais et un Ivoirien.

Dans son Message pour la 94e Journée mondiale du migrant et du réfugié rendu public le 28 novembre 2007, Benoît XVI a fortement déploré les «images bouleversantes» des enfants dans les «grands camps de réfugiés» à travers le monde. Le pape y a aussi dénoncé ceux qui «exploitent» les enfants «sans scrupules» et a souligné l’importance de la famille et de l’école pour l’intégration des jeunes migrants. La prochaine Journée mondiale du migrant et du réfugié sera célébrée le 13 janvier 2008. (apic/imedia/ms/ami/bb)

28 novembre 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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