Le pape dénonce la violence terroriste: pas de paix sans justice

Rome: Traditionnels v?ux de Noël de Jean Paul II aux membres de la curie romaine

Rome, 23 décembre 2001 (APIC) Recevant en audience les membres de la curie romaine, le pape a dénoncé une nouvelle fois le terrorisme et rappelé qu’il n’y a pas de paix sans justice, et pas de justice sans pardon. «La religion ne peut jamais devenir un motif d’agression belliqueuse, de haine et de vexations», a lancé Jean Paul II samedi 22 décembre lors de ses traditionnels v?ux de Noël à la curie.

Dressant un bilan de ses activités durant l’année 2001 et des événements qui ont particulièrement troublé le monde, il a évoqué «l’ombre de l’attentat terroriste de New York, la guerre en Afghanistan et les tension croissantes au Proche Orient». Jean Paul II a ainsi demandé à tous les chrétiens de «proclamer avec constance que toute forme de violence terroriste déshonore la sainteté de Dieu et la dignité de l’homme».

Renouvelant son appel pressant pour que les hommes de bonne volonté assurent à tous «un présent et un avenir de paix», le Souverain pontife a passé en revue les 12 mois de l’année, riches en événements douloureux. «L’ombre des tragiques attentats terroristes de New York, de la guerre en Afghanistan et de la croissance de la tension en Terre Sainte a endeuillé les derniers mois de l’année», a relevé Jean Paul II.

Le respect de l’Eglise catholique à l’égard de l’islam

«En face de cette situation, a-t-il poursuivi, les chrétiens sont appelés à proclamer avec constance que toute forme de violence terroriste déshonore la sainteté de Dieu et la dignité de l’homme et que la religion ne peut jamais devenir un motif d’agression belliqueuse, de haine et de vexations».

Le pape s’est ensuite arrêté sur son message envoyé au peuple chinois, mais aussi sur ses visites pastorales à l’étranger, avec une mention particulière aux orthodoxes, qu’il a rencontrés en Grèce, en Syrie, en Ukraine, au Kazakhstan ou en Arménie, et aux musulmans, auxquels il a notamment rendu visite dans la mosquée des Omeyyades à Damas. Cette occasion lui a permis de montrer «dans la claire reconnaissance des différences, le respect que porte l’Eglise catholique à l’Islam». Le pape a également mentionné sa lettre apostolique «Novo millenio ineunte», publiée à la fin du Jubilé de l’an 2000 et ses rencontres avec les pasteurs de l’Eglise catholique lors du Synode d’octobre dernier sur le rôle de l’évêque (»L’évêque, serviteur de l’Evangile pour l’espérance du monde»), ou du Consistoire de février, durant lequel il a créé 44 nouveaux cardinaux.

Rendez-vous à Assise le 24 janvier avec les représentants des religions du monde

Le pape a alors renouvelé son «appel pressant à tout les hommes de bonne volonté afin qu’ils ne lésinent pas sur les efforts pour trouver une solution équitable aux multiples conflits qui traversent le monde et pour assurer à chacun un présent et un avenir de paix». Après avoir rappelé «qu’il n’y a pas de paix sans justice et pas de justice sans pardon», le pape a rappelé qu’il se rendra à Assise le 24 janvier prochain pour une Journée interreligieuse de prière pour la paix. Dans la ville natale de Saint François, a-t-il dit, «les représentants des religions du monde, en particulier les chrétiens et les musulmans, élèveront ensemble leur prière pour le dépassement des conflits et la promotion d’une paix authentique».

Parmi les événements de l’année, le pape a particulièrement mentionné les célébrations de commémoration du 400ème anniversaire de l’arrivée à Pékin du jésuite Matteo Ricci et le «cher peuple chinois» dont il a été particulièrement proche à cette occasion. Il a fait à cette occasion allusion indirectement à une visite pastorale tant désirée en Chine, une aspiration pour le moment restée à l’état de rêve. Sans ignorer les difficultés, mais aussi les souffrances qui jalonnent le chemin, Jean Paul II a ainsi réaffirmé sa profonde conviction que les voies de la connaissance réciproque et, là ou cela est possible, de la prière commune, est «la route privilégiée en direction de l’entente, de la solidarité et de la paix».

Premier couple dans l’histoire a être béatifié ensemble

Jean Paul II est revenu, par ailleurs, sur sa Lettre apostolique publiée à la fin de l’année du Jubilé, «Novo millenio ineunte», et a souhaité se réjouir encore une fois du «nouvel élan apostolique» donné aux Eglises locales lors des célébrations du Jubilé. Faisant ensuite allusion aux nombreuses béatifications et canonisation, le pape s’est arrêté sur celle du couple de Luigi et Maria Beltrame Quattrocchi, «les premiers dans l’histoire, a être béatifiés ensemble, comme couple».

Le pape a encore proposé une méditation sur Noël, soulignant que, dans notre histoire marquée par tant de souffrances, «la dernière parole appartiendra à la vie et à l’amour». «Noël, a-t-il poursuivi, est le terrain sûr et toujours fécond sur lequel germe l’espérance de l’humanité». C’est le cardinal Bernardin Gantin, doyen du collège des cardinaux, qui lui a adressé ses v?ux, au nom de la curie. Le cardinal Gantin a remercié Jean Paul II pour son «sens paternel de solidarité humaine et chrétienne» qui se manifeste en face des actes de violence qui portent atteinte à la vie des hommes et des nations, mais aussi «pour le don de sa vie à l’Eglise et à l’humanité». (apic/imedia/be)

23 décembre 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 4  min.
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