Ni une réparation, ni une demande de pardon
Rome: Transfert des reliques des saints Jean Chrysostome et Grégoire de Nazianze
Rome, 28 novembre 2004 (Apic) Pour le Saint-Siège, le transfert des reliques de saint Jean Chrysostome (349-407) et saint Grégoire de Nazianze (330-390) à Constantinople n’est ni un geste de «réparation» ni une «demande de pardon» pour les croisades. C’est ce qu’a déclaré Joaquin Navarro-Valls dans la matinée du 27 novembre.
«Certains médias ont diffusé l’information selon laquelle le geste de Jean Paul II, de grande importance ecclésiale et expression de la ’communicatio in sacris’ existante entre l’Orient et l’Occident chrétiens, est un acte de réparation et une manière de demander pardon de la part de l’Eglise catholique pour la soustraction des reliques au patriarcat oecuménique durant la croisade du XIIIe siècle», a affirmé le porte-parole du Saint-Siège.
«Une telle interprétation est inexacte du point de vue historique», a- t-il expliqué, «car, entre autres, la dépouille mortelle de saint Grégoire de Nazianze est arrivée à Rome au VIIIe siècle, à l’époque des persécutions contre les icônes, pour la mettre en sûreté».
«Sans nier les événements tragiques du XIIIe siècle, le retour – et non pas la restitution – à Constantinople des reliques des deux saints, vénérés aussi bien en Orient qu’en Occident et exemples éclatants de la recherche de l’unité et de la paix de l’Eglise du Christ, veut (.) au-delà des polémiques et des difficultés du passé, (.) susciter une prière commune des catholiques et des orthodoxes pour une pleine communion», a conclu J. Navarro-Valls.
Pour améliorer le dialogue oecuménique
Interrogé par l’Apic, un membre du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens avait confirmé la veille la volonté du pape, par ce geste, «d’améliorer le dialogue oecuménique», le Saint-Siège étant «bien conscient de l’importance des reliques dans le monde orthodoxe».
Jean Paul II avait demandé pardon pour le «sac dramatique de la ville impériale de Constantinople» à l’occasion de son voyage en Grèce le 4 mai 2001. «Il est tragique que les assaillants qui étaient partis assurer le libre accès des chrétiens à la Terre Sainte se soient retournés contre leurs frères dans la foi», avait-il déclaré à son arrivée à Athènes, s’adressant au patriarche orthodoxe de Grèce, Mgr Christodoulos.
Aucune autre demande de pardon n’a eu lieu depuis et ne devrait avoir lieu à l’avenir, affirme-t-on au Vatican, le pape se limitant parfois, dans certains courriers adressés à Constantinople, à faire allusion au discours d’Athènes. (apic/imedia/bl/bb)



