Précision du Saint-Siège après les propos de Benoît XVI

Rome : « Très grave dégradation » de la ville de Rome selon le pape

Rome, 11 janvier 2008 (Apic) Le Saint-Siège a précisé que Benoît XVI n’avait pas souhaité «sous-évaluer l’action sociale» accomplie par les autorités civiles de la ville et de la région de Rome dans le discours qu’il leur a adressé le 10 janvier.

Dans un communiqué publié dès le lendemain, le Bureau de presse du Saint-Siège a ainsi réagi à la polémique apparue au sein de la classe politique locale concernant le regret exprimé par le pape devant «la très grave dégradation de certains quartiers de Rome» ou face à l’augmentation de la pauvreté dans les banlieues des grandes villes.

Le communiqué du Saint-Siège a ainsi regretté «l’instrumentalisation politique qui a fait suite aux paroles adressées par le pape aux représentants de la région du Latium, de la province et de la mairie de Rome». Il a ensuite précisé qu’»il n’était certainement pas dans l’intention du pape de sous-évaluer l’action sociale que les responsables de la ville de Rome et de la région sont en train d’accomplir avec un engagement appréciable».

Benoît XVI, en effet, «en sa qualité d’évêque de Rome, en des circonstances diverses, y compris récemment, a mis en avant les réalisations accomplies au service de la population, réalisations qu’il a tenu à souligner aussi dans le discours d’hier», peut-on lire dans le communiqué. «Mais, de la même façon, il ne pouvait pas ne pas évoquer, faisant écho à tous ceux qui se tournent vers lui, quelques problématiques humaines particulièrement urgentes auxquelles on doit faire face avec la contribution de tous». «L’Eglise, comme le pape l’a assuré, ne manquera pas d’y apporter sa propre collaboration».

Ne pas instrumentaliser les propos

Benoît XVI, en recevant en audience au Vatican les responsables politiques de la région du Latium, de la mairie et de la province de Rome, les avait notamment invités à faire de la «pauvreté» une «urgence», constatant que celle-ci «augmente surtout dans les grandes périphéries urbaines, mais commence aussi à être présente dans d’autres contextes et situations qui semblaient être à l’abri». Le pape avait particulièrement regretté «la très grave dégradation de certains quartiers de Rome». Il leur avait aussi demandé d’effectuer «un travail constant et concret» qui ait pour objectif «à la fois de garantir la sécurité des citoyens et d’assurer au moins à tous, en particulier aux immigrés, le minimum indispensable pour une vie honnête et digne».

Quelques heures à peine après l’intervention du pape, la classe politique italienne s’était fortement divisée et les propos de Benoît XVI s’étalaient à la une des plus grands quotidiens de la péninsule le 11 janvier. Quant au maire de Rome, le leader du Parti démocrate Walter Veltroni, il avait aussitôt invité à ne pas instrumentaliser les propos du pape. (apic/imedia/ami/pr)

11 janvier 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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