Vilmos Apor, Giovanni Scalabrini et Maria Chavez

Rome: Trois nouveaux bienheureux béatifiés par le pape

Rome, 9 novembre 1997 (APIC) Le pape Jean-Paul II a présidé dimanche matin, Place Saint-Pierre, la cérémonie de béatification de Vilmos Apor, évêque et martyr, Giovanni Battista Scalabrini, évêque et fondateur de communautés missionnaires, et Maria Vicenta de Sainte-Dorothée Chavez Orozco, religieuse.

Pour le pape, l’évêque hongrois Vilmos Apor (1892-1945) fut d’abord le «curé des pauvres», puis, pendant la seconde guerre mondiale, comme évêque, il fut un «généreux bienfaiteur des nécessiteux et un défenseur de ceux qui étaient persécutés».

Apor avait étudié la théologie à Innsbruck avant d’être ordonné prêtre en 1915. Le pape Pie XII l’avait nommé évêque de Gyor en 1941, en pleine guerre. Le Vendredi Saint 1945, des soldats russes ivres étaient arrivés au palais épiscopal dans le but d’emmener à leur caserne une centaines de femmes et de jeunes filles. L’évêque s’était opposé vigoureusement à leur demande. Après une longue discussion, un officier russe menace l’évêque puis tire, l’atteignant au front, à la main et à l’estomac. Il s’éteignit le lundi de Pâques, 2 avril. Le pape s’est rendu, le 7 septembre 1986, à la basilique de Gyor, pour se recueillir sur la tombe du martyr.

Le président de Hongrie, M. Arpad Goncz, qui s’est rendu à Rome pour la béatification, a été reçu par le pape samedi matin. Les relations sont détendues entre le Saint-Siège et la République de Hongrie, depuis la signature des accords sur la restitution des biens de l’Eglise catholique confisqués pendant l’ère soviétique.

Giovanni Battista Scalabrini

Pie XII, a rappelé Jean-Paul II, a défini Giovanni Battista Scalabrini (1839-1905) d’»Apôtre du catéchisme» pour son zèle à promouvoir dans les paroisses «l’enseignement méthodique de la doctrine de l’Eglise aux enfants comme aux adultes». Mais il a aussi été remarquable, a continué le pape, par «son amour des pauvres et en particulier des émigrés». C’est pourquoi il est considéré par le pape comme un apôtre «de ses nombreux compatriotes contraints de s’expatrier, souvent dans des conditions difficiles et avec le danger concret de perdre la foi».

Né la région de Côme, au pied des Alpes italiennes, il fut ordonné prêtre en 1863. Il fut d’abord professeur puis recteur au séminaire de Côme, puis curé, en 1870, et fut consacré évêque à Plaisance, en 1870. Il avait trente-six ans. Il visita 5 fois les 365 paroisses de son diocèse, réorganisa les séminaires, célébra trois synodes, diffusa la pratique de la communion fréquente, consacra 200 églises.

Il trouvait en outre le temps de visiter les malades du choléra et les prisonniers, secourait les pauvres et les familles au bord de la déchéance. Pour sauver de la faim paysans et ouvriers il vendait tout: chevaux, calices, jusqu’à sa croix pectorale, un cadeau de Pie IX. Il fonda un institut pour les sourds-muets, des sociétés de secours mutuel, des coopératives etc. Enfin, pour venir aussi au secours des émigrés il fonda la Congrégation des Soeurs missionnaires de Saint-Charles. Une activité débordante née de sa dévotion eucharistique profonde que devait souligner le pape dimanche. Il mourut le jour de l’Ascension de 1905. Lors de l’Angélus, le pape a appelé le nouveau bienheureux «Père des Migrants».

Maria Chavez

Maria Vicenta de Sainte-Dorothée Chavez Orozco (1867-1949) est mexicaine. Lors d’une maladie qui nécessita une hospitalisation, elle eut l’inspiration, en 1892, de se consacrer à Dieu pour le service des pauvres et des malades. En 1905, à Guadalajara, elle fonda la Congrégation des Servantes de la Sainte-Trinité et des Pauvres, dont elle devint supérieure en 1913.

En 1914, les troubles commencent au Mexique, et les persécutions anti-religieuses. Les religieuse continuèrent cependant à secourir les pauvres, les malades et les personnes âgées et à leur permettre de recevoir les sacrements. Leur hôpital était devenu le quartier général des troupes révolutionnaires, les soeurs devaient parfois se réfugier dans des familles amies, pour échapper aux outrages, mais Mère Vicenta n’abandonnait pas les malades et admonestait les soldats. Dix-sept fondations d’hôpitaux, cliniques, asiles pour les pauvres et les personnes âgées suivirent.

Dès 1942, la santé de la fondatrice se détériora, sans qu’elle se lamente jamais. Elle s’éteignit le 30 juillet 1949. (apic/imed/pr)

26 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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