Une condition pour être en pleine communion avec l’Eglise

Rome: Un catholique ne peut soutenir un politicien favorable à l’avortement

Rome, 5 octobre 2005 (Apic) Le cardinal Javier Lozano Barragan, président du Conseil pontifical pour la pastorale de la santé, a affirmé qu’un catholique ne pouvait soutenir un politicien favorable à l’avortement. Des propos tenus dans une interview publiée le 5 octobre par le quotidien italien «La Repubblica», en marge du Synode des évêques sur l’Eucharistie où la question a été évoquée par le nouveau préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, Mgr William Joseph Levada.

«Un catholique ne peut soutenir un politicien qui présente l’avortement comme une norme générale», a ainsi déclaré le cardinal Javier Lozano Barragan. Le cardinal mexicain en poste à Rome a soutenu que «lorsque le magistère repousse des lois qui vont à l’encontre de la vie, un fils de l’Eglise ne peut se sentir en pleine communion s’il soutient ce que l’Eglise condamne». Un électeur catholique, a encore estimé le ’ministre de la santé’ du Saint-Siège, doit exercer un «discernement dans le choix des divers aspects d’un programme» politique, «sachant distinguer entre ce qui représente une atteinte à la vie et ce qui valorise la défense de la vie». Il a ainsi précisé que «l’on ne peut approuver ce qui constitue une atteinte à la vie». «Un catholique devrait s’exprimer pour le changement de ces normes, en soutenant la doctrine de l’Eglise», a-t-il conclu.

Dans la soirée du 3 octobre, le nouveau préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, Mgr William Joseph Levada, avait souligné le lien entre Eucharistie et vie morale. Il avait évoqué la question controversée aux Etats-Unis du non-accès à l’Eucharistie pour les fidèles votant pour un candidat ouvertement favorable à l’avortement, invitant les évêques à travailler sur ce sujet durant le synode.

Dans l’Instrumentum Laboris, document préalable au Synode, apparaissait clairement le regret selon lequel certains fidèles «communient même s’ils nient les enseignements de l’Eglise ou soutiennent publiquement des choix immoraux, comme l’avortement, sans penser qu’ils commettent un acte personnel profondément malhonnête ni qu’ils sont source de scandale». «Du reste, il existe des catholiques qui ne comprennent pas pourquoi ils commettent un péché lorsqu’ils soutiennent politiquement un candidat ouvertement en faveur de l’avortement ou d’autres actes graves contre la vie, la justice et la paix», pouvait-on encore lire dans ce document de travail rendu public le 7 juillet.

Benoît XVI condamne l’avortement

Le 6 juin 2005, Benoît XVI s’était personnellement exprimé sur l’avortement. «Il est contraire à l’amour humain, à la vocation profonde de l’homme et de la femme, de fermer systématiquement leur propre union au don de la vie, et plus encore de supprimer ou d’altérer la vie à naître», avait- il ainsi lancé devant les participants à un congrès du diocèse de Rome sur la famille.

Le cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, avait publié le 24 novembre 2002 une note doctrinale de son dicastère sur ’l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politiqué. Il y affirmait alors que «la conscience chrétienne bien formée ne permet à personne d’encourager par son vote la mise en oeuvre d’un programme politique ou d’une loi dans lesquels le contenu fondamental de la foi et de la morale serait évincé par la présentation de propositions différentes de ce contenu ou opposées à lui». (apic/imedia/ami/bb)

5 octobre 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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