Rome: Un ouvrage du Vatican dénonce l’homoparentalité
«Bricolage» des législateurs en matière de mariage
Rome, 15 janvier 2008 (Apic) Le Vatican publie un nouvel ouvrage sur la famille dans lequel il s’oppose vigoureusement à l’adoption d’enfants par des homosexuels et dénonce «le bricolage» des sociétés actuelles en matière de mariage et de sexualité.
Le livre «Famille et procréation humaine – Commentaires sur le document du Conseil pontifical pour la famille» a été présenté lors d’une conférence, à Rome, le 15 janvier 2008. On y trouve entre autres les interventions du cardinal archevêque de Paris, André Vingt-Trois, et de Mgr Tony Anatrella, prêtre et psychanalyste, rapporte l’agence I.Media.
Dans son article intitulé «un enjeu de la procréation: l’enfant a besoin d’un homme et d’une femme», Mgr Tony Anatrella regrette ainsi qu’une «conception morcelée et antinomique du sens de la famille laisse supposer que l’enfant pourrait se ’faire’ en dehors d’un lien intime entre un homme et une femme».
’L’homoparentalité’ est un néologisme qui laisse entendre que l’on pourrait être parent à partir d’un seul sexe, explique le prêtre psychanalyste et spécialiste en psychiatrie sociale. «Le désir d’un enfant conçu sans sexe est une fantaisie qui repose sur un fantasme au coeur de la psychose, c’est-à-dire de la ’déréalité’ de l’engendrement humain», continue Mgr Anatrella. Ceci manifeste le déni de la différence sexuelle, le rejet de la sexualité procréative et l’exaltation d’un désir asexué de l’enfant, précise le prélat avant de noter qu’»il n’y a que dans les contes de fées que les enfants sont conçus sans l’intermédiaire d’une expression sexuelle».
Dans une société où l’on privilégie davantage le désir des adultes, Mgr Anatrella constate que «l’enfant est devenu un bien de consommation». Il juge alors que les responsables politiques sont prêts à céder à des revendications «dans le mépris de l’intérêt général». Depuis plus de cinquante ans, affirme-t-il encore, la différence sexuelle est attaquée pour des raisons idéologiques et par ceux qui ne parviennent pas à l’accepter et à la vivre.
Face au fait de dissocier la conjugalité de la parenté, la sexualité de la procréation, la procréation de l’identité sexuelle, Mgr Anatrella dénonce alors ces «clivages qui sont présentés comme de nouvelles libertés alors qu’ils brouillent l’élaboration de la différence sexuelle au bénéfice de la valorisation des orientations sexuelles».
Consulteur au Conseil pontifical pour la famille, le prélat français affirme enfin que la plupart des enquêtes sur le supposé ’bien être’ des enfants élevés par des personnes homosexuelles restent limitées et ne sont guère crédibles. Il indique que, sur le long terme, ce système ’d’adoption’ homosexuelle développera des personnalités qui auront du mal à se situer vis-à-vis des réalités de la vie.
Le cardinal André Vingt-Trois défend «la différence homme-femme»
Dans un autre article, le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, affirme que «nos sociétés se sont consacrées à un véritable bricolage en matière d’institutions matrimoniales, de filiation et d’attribution du nom, en matière de divorce et de gestion de ses conséquences, et de la prise en charge, par la société elle-même, de la vie sexuelle». Le nouveau président de la Conférence des évêques de France regrette ainsi «la valorisation de la transgression, la mise en doute du lien conjugal et la réduction de la famille à la sphère affective». Ces «trois facteurs culturels», explique-t-il, «contribuent à brouiller l’image de la famille et du rôle qu’y jouent les parents».
Le cardinal Vingt-Trois précise que la réalisation de la différence homme-femme ouvre à une fécondité et non à un handicap. Il dénonce également le caractère exhibitionniste de notre culture en matière d’exercice de la sexualité. «L’Eglise dispose d’une réflexion riche sur l’amour conjugal», estime enfin l’archevêque de Paris, qui juge que la partager largement peut aider les familles à s’orienter vers ce qui les fait vivre et les fortifie.
Ces deux articles font partie d’une série de 16 commentaires publiés dans l’ouvrage réalisé par le Conseil pontifical pour la famille et publié par la Librairie éditrice vaticane. Celui-ci contient des réflexions et des approfondissements sur le document «Famille et procréation humaine» déjà publié en juin 2006.
Le Conseil pontifical pour la famille avait alors déjà appelé à «la procréation responsable» dans le cadre de la famille et de la société, et avait réitéré les condamnations des unions homosexuelles, des manipulations génétiques, de la contraception, de l’avortement et du divorce.
Le nouvel ouvrage, de près de 300 pages, met en lumière la vertu de la chasteté conjugale et l’indissolubilité du mariage. Il s’oppose nouvellement aux manipulations génétiques, au clonage ou encore à l’accroissement des «attentats légalisés» contre la vie de l’enfant conçu ou du nouveau-né. En introduction, le cardinal Alfonso Lopez Trujillo regrette la pression du sécularisme et l’érosion d’une compréhension correcte du mariage et de la famille qui a entraîné une confusion des valeurs non négligeable.
Dans la soirée du 15 janvier 2008, le livre «Famille et procréation humaine – Commentaires sur le document» a été présenté à l’Université pontificale urbanienne, à Rome. Le cardinal Alfonso Lopez Trujillo, président du Conseil pontifical pour la famille, et Mgr Angelo Amato, secrétaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi, devaient intervenir. (apic/imedia/ami/be)



