Deux faits récents ont indisposé la communauté juive
Rome: Un rendez-vous avec les juifs pour le Jubilé reporté
Rome, 24 septembre 2000 (APIC) Le Comité central pour le Jubilé et la Commission du Saint-Siège pour les relations avec le Judaïsme avaient annoncé pour le 3 octobre une ” Journée de dialogue Juifs-Chrétiens ” sur ” La tradition du Jubilé dans la conception juive et dans la conception catholique «. Le rabbin Piatelli (Rome) devait y prendre la parole au cours d’une cérémonie. L’événement a été remis à plus tard.
Au cours de la cérémonie, qui devait se dérouler à l’Université pontificale du Latran, deux relations avaient été prévues, celles du rabbin Abramo A. Piatelli, du Grand rabbinat de Rome, et du P. Georges Cottier, dominicain, théologien de la maison pontificale. La rencontre devait être introduite par le cardinal Cassidy, président de la commission pontificale pour les rapports religieux avec le judaïsme, créée dans le cadre du Conseil pontifical pour la promotion de l’Unité des chrétiens, dont il est le président. Des prières devaient êtres dites, à l’ouverture par le grand rabbin de Rome, Elio Toaff, et en fin de session par le cardinal Etchegaray, président du Comité pour le Grand Jubilé.
Il y a quelques jours, a annoncé vendredi ” La Croix «, les invités ont reçu un courrier les informant laconiquement que l’événement était ” renvoyé à une date restant à fixer «. Selon le quotidien français, la décision a été prise à la demande du grand rabbinat de Rome, qui aurait ainsi voulu ” marquer le coup ” après ” deux gestes récents du Saint-Siège mal ressentis dans les communautés juives ” : la béatification du pape Pie IX (3 septembre) et la déclaration ” Dominus Iesus ” (5 septembre). Concernant la béatification de Pie IX, dont le grand rabbin Elio Toaff déclarait le jour même dans une interview qu’» on aurait pu s’en passer «, il faut rappeler que la communauté juive a été choquée par le ” rôle infâme ” joué par ce pape dans l’enlèvement en 1858 d’un enfant juif de six ans, Edgardo Levi-Mortara, baptisé par une servante catholique zélée, puis enlevé à sa famille pour être élevé dans la foi catholique sous la protection personnelle du pape, avant d’être ordonné prêtre. ” Ce fut une chose atroce qui a laissé des traces profondes dans la communauté juive «, déclarait encore le 3 octobre Elio Toaff.
Concernant le récent document ” Dominus Iesus ” promulgué par la Congrégation pour la doctrine de la foi, ce texte a pu être ressenti du côté juif comme remettant à l’honneur le prosélytisme. En outre, observe ” La Croix «, la déclaration ” ne fait aucune mention de la situation particulière de la religion juive au regard de la foi chrétienne «, très souvent soulignée par Jean-Paul II ces dernières années, et ce lundi 18 septembre encore devant le nouvel ambassadeur d’Israël au Vatican : ” Le patrimoine spirituel commun aux chrétiens et aux juifs est tellement important pour la santé religieuse et morale que l’on doit s’efforcer de développer notre dialogue sur les sujets bibliques, théologiques et éthiques. «
Le renvoi sine die de la cérémonie qui devait avoir lieu le 3 octobre marque-t-elle un pas en arrière dans le dialogue ? ” La Croix ” l’a demandé au Père Remi Hoekman, secrétaire de la Commission pontificale pour les rapports religieux avec le judaïsme. San réponse : ” Dans tout dialogue, il y a des hauts et des bas. Après un point haut (ndr : le pèlerinage du pape en Terre Sainte), nous passons à un point bas avant un autre point haut. ” (apic/cip/cx/be)



