Rome: Une ministre norvégienne dans un dicastère romain

«Un nouveau féminisme est en train de naître»

Rome, 21 mai 1999 (APIC) L’heure d’un féminisme plus radical a sonné, un féminisme basé sur la reconnaissance du fait que la majorité des femmes sont mères ou souhaitent l’être, estime Janne Haaland Matlary, secrétaire d’Etat pour les Affaires étrangères de Norvège, nommée jeudi par Jean Paul II conseillère du Conseil pontifical pour la famille.

J. H. Matlary est mère de quatre enfants entre 7 et 12 ans, et enseigne à la Faculté des Sciences politiques de l’Université d’Oslo. En 1995, elle a participé comme membre de la délégation du Saint-Siège aux Conférences organisées par les Nations Unies à Copenhague (sur le développement social) et à Pékin (sur la femme).

La nouvelle conseillère du Conseil pontifical pour la famille vient en outre de publier un livre en Italie: «Il tempo della fioritura. Per un nuovo feminismo», (Le temps de la floraison. Pour un nouveau féminisme). Ce livre se voudrait une sorte de manifeste du féminisme expliquant qu’il est temps que les qualités féminines fleurissent dans tous les domaines de la vie personnelle et sociale et «dans tous les coins de la terre».

J. H. Matlary y développe sa conception d’un féminisme «beaucoup plus radical». Il est vrai que le féminisme des années 70 était déjà beaucoup trop radical pour certains. Mais «lorsque je dis ’radical’, je ne veux pas dire ’extrémiste», explique-t-elle au quotidien italien «Avvenire». «Je parle d’une attitude qui va jusqu’à la racine de la question. Le féminisme des années 70 tendait à nier la maternité et à rechercher à imiter les hommes. Ceci a empêché le développement des qualités et de la contribution de la femme, ainsi que l’application de politiques aidant vraiment les femmes».

Egales dans la différence

Le défi, selon l’auteur, consiste à créer une égalité qui tienne compte de des différences. Il ne faut pas aller bien loin pour découvrir les problèmes engendrés par une conception asexuelle de l’homme et de la femme, typique du féminisme des années 70. «Il est certain que les femmes, même celles des pays les plus ’avancés’ dans le domaine du féminisme, comme la Scandinavie par exemple, ont du mal à concilier leur rôle de mère et un travail. Les femmes sont souvent obligées de renoncer à la maternité pour pouvoir travailler».

Maternité et travail

Dans d’autres pays, où le féminisme a eu moins d’impact, comme les pays d’Europe du sud, qui ont aujourd’hui le taux de naissance le plus bas du monde (l’Italie et l’Espagne par exemple), «il y a un refus de la maternité à cause de l’affirmation d’une idéologie individualiste. Mais il faut reconnaître que, même si cela est illégal, les femmes sont soumises dans leur travail à de fortes pressions pour qu’elles n’aient pas d’enfants. Ce conflit entre les enfants et le travail est particulièrement dur en Scandinavie, où beaucoup de femmes voudraient avoir plus d’enfants mais se trouvent devant un ’marché’ hostile. Pour le ’nouveau féminisme, l’une des questions clé est celle de la sécurité dans le travail».

Pour Matlary, les politiques au service de la femme devraient «garantir un congé maternité rétribué suffisamment, et suffisamment long pour éviter le ’double travail’. Et en même temps, un congé pour les pères est fondamental car la femme n’est pas la seule concernée. Il faut, dit-elle, valoriser et reconnaître le travail qui est fait dans la famille… Il faut donc des mesures de flexibilité économique et de politique sociale spéciales.

«En réalité, pour la société, ce n’est pas plus cher d’avoir des enfants que de ne pas en avoir. Il suffit de penser aux conséquences sociales négatives, avec ses coûts, provoquées par la désintégration des familles et la perte de responsabilité envers les enfants». (apic/zenit/pr)

21 mai 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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