Développement des sectes et manque de sécurité en Irak
Rome: Une vingtaine d’évêques chaldéens réunis en synode spécial
Rome, 11 novembre 2005 (Apic) Malgré la baisse du terrorisme depuis l’adoption de la nouvelle constitution en Irak, les évêques chaldéens sont préoccupés par le manque de sécurité dans le pays ainsi que par le développement des sectes protestantes. C’est ce qu’a confié à quelques journalistes Mgr Louis Sako, évêque de Kirkouk, dans le nord de l’Irak, le 10 novembre à Rome. Une vingtaine d’évêques chaldéens y sont réunis en synode spécial du 7 au 14 novembre.
«Tous les évêques sont d’accord sur le fait que la constitution actuelle est dangereuse» et qu’»il faut des modifications», a déclaré Mgr Sako, faisant référence à la loi musulmane qui doit être désormais la «source principale» du droit en Irak. «L’Eglise doit faire quelque chose pour modifier» cet article. Et l’évêque chaldéen d’ajouter: «nous avons une espérance, parce qu’après 4 mois, il y aura des modifications». S’il a été adopté par référendum le 15 octobre, le texte constitutionnel pourrait être amendé dans le futur, après les élections législatives prévues le 15 décembre prochain. Une fois élu, le nouveau parlement disposera en effet de quatre mois pour préparer l’adoption définitive et pourrait y apporter des modifications. «On a eu une rencontre avec le président à Bagdad», notamment pour discuter de la constitution, «mais il faut continuer, pas seulement avec lui, mais avec l’assemblée nationale et avec les partis», a ajouté Mgr Sako.
Malgré tout, «suite à la constitution, les choses se sont un peu améliorées. Il y a moins de terrorisme», a déclaré l’évêque, soulignant toutefois que, parmi les défis abordés par les évêques chaldéens figurait «d’abord la sécurité». «Les Irakiens, ceux qui ont de l’argent, les intellectuels et les spécialistes, sont menacés», et ont tendance à émigrer dans les pays voisins comme la Jordanie ou la Syrie, voire plus loin, a-t-il expliqué.
Les sectes venues avec les troupes américaines
L’évêque de Kirkouk a aussi évoqué le problème des «nombreuses sectes protestantes». Et de rapporter qu’à Bagdad, «il y a 16 nouvelles églises protestantes qui gagnent aussi des catholiques». «Venus avec les troupes américaines», les prédicateurs protestants «trouvent toujours un Irakien» à qui ils donnent de l’argent pour «transformer sa maison en église». «On ne sait pas ce qu’ils feront ensuite», s’est inquiété l’évêque.
Par ailleurs, durant la première phase du synode, après avoir évoqué la situation en Irak, les évêques chaldéens ont parlé de la réforme liturgique dans l’Eglise chaldéenne, préparant un missel chaldéen. «Nous nous sommes mis à étudier la liturgie, surtout la messe, selon les décisions du Concile Vatican II», a ainsi rapporté à l’agence I.MEDIA, partenaire de l’Apic à Rome, Mgr Petros Al-Harboly, évêque de Zakho. Il y a eu «beaucoup d’avancées dans les discussions liturgiques», celles «d’être plus proches du peuple dans le langage, d’être plus stricts avec nos prêtres, d’être plus indépendants des latins, d’avoir notre propre liturgie orientale». Puis, «nous devrions parler du droit particulier de l’Eglise chaldéenne», a-t-il ajouté.
Guidés par le patriarche chaldéen Emmanuel III Delly, les évêques seront reçus en audience par Benoît XVI, le 12 novembre. (apic/imedia/ar/bb)



