Rôle et présence dans le catholicisme des communautés

Rome: Veillée de Pentecôte le 3 juin avec le pape et les communautés laïques catholiques

Rome, 11 mai 2006 (Apic) Pour la première fois de son pontificat, Benoît XVI rencontrera à Rome une centaine de mouvements ecclésiastiques et communautés nouvelles, dans la soirée du 3 juin 2006, à la veille de la fête de la Pentecôte. Le sous-secrétaire du Conseil pontifical pour les laïcs, Guzman Carriquiry, a été interviewé par I.MEDIA, partenaire de l’Apic à Rome, sur les raisons et objectifs de cette veillée.

APIC/IMEDIA: Pourquoi organisez-vous un tel rassemblement pour la Pentecôte ?

Guzman Carriquiry: Tout d’abord, en raison de la convocation de Benoît XVI. Cette rencontre évoque d’une certaine façon celle que Jean Paul II a présidée avec une cinquantaine de mouvements et communautés, le 30 mai 1998, et qui fut très importante. Elle s’inscrit aussi dans toute la tradition d’accueil, de reconnaissance, de valorisation, de proposition à l’Eglise universelle de ces nouvelles réalités. Au début de ce nouveau pontificat, c’est aussi un signe de l’importance qu’elles ont dans la vie et dans la mission de l’Eglise de notre temps.

APIC/IMEDIA: Depuis quand l’organisez-vous ?

Guzman Carriquiry: Depuis plusieurs mois déjà. Nous avons annoncé cette convocation l’an dernier. Benoît XVI a reçu en audience Mgr Rylko, le président du Conseil pour les laïcs, et a alors donné son consentement à une rencontre avec les mouvements.

APIC/IMEDIA :Est-ce un événement très important pour votre dicastère et pour les différents mouvements ?

Guzman Carriquiry: Oui. Il suffit de penser à la réponse que nous avons déjà des mouvements, comme co-responsables de l’organisation de cette rencontre. Ils la considèrent comme un acte d’hommage, de confirmation dans la fidélité venant du successeur de Pierre. Ils sont donc dans l’attente de se sentir confirmés, valorisés et reproposés comme un bien pour l’Eglise universelle.

APIC/IMEDIA:Benoît XVI est-il vraiment en faveur de ces réalités dans l’Eglise qu’on appelle mouvements ou communautés?

Guzman Carriquiry: Le cardinal Ratzinger a fait partie des premiers à valoriser ces nouvelles réalités. Avant la rencontre du 30 mai 1998, il y a eu le Congrès mondial des mouvements et des communautés. Tous, nous nous souvenons de la conférence que le cardinal Ratzinger a alors tenue sur la place théologique des mouvements dans l’Eglise. Un texte fondamental. Après le 30 mai 1998, le dicastère a organisé aussi une rencontre de 100 cardinaux et évêques du monde entier sur la sollicitude des évêques envers les mouvements.

Le cardinal Ratzinger a eu à cette occasion tout un après-midi de dialogue improvisé avec une centaine d’évêques. En outre, celui qui parcourt les textes du cardinal Ratzinger allant du premier ’Rapport sur la foi’, aux autres textes comme ’Dieu et le monde’, réalise que le pape s’est toujours référé à ces mouvements comme des signes du printemps attendu du Renouveau conciliaire. Il s’est offusqué du processus de sécularisation, mais il a vu dans ces mouvements, qui exprimaient et vivaient la catholicité avec une vitalité spirituelle, particulière, le signe du printemps de la foi.

APIC/IMEDIA: En a-t-il aussi parlé depuis son accession au Siège de Pierre ?

Guzman Carriquiry: Benoît XVI a en effet été clair à leur sujet dans l’homélie finale de la Journée mondiale de la jeunesse à Cologne comme lors de sa rencontre avec les évêques allemands. Il s’est référé à ces sujets de façon très explicite et très encourageante. Tout cela converge donc dans cette prochaine rencontre. Elle couronnera aussi le nouveau Congrès mondial des mouvements et des nouvelles communautés à Rocca di Papa (à côté de Rome, ndlr), qui aura lieu du 31 mai au 2 juin.

APIC/IMEDIA: Dans son discours à Cologne, Benoît XVI a aussi demandé aux communautés et mouvements de travailler ensemble en coordination avec les diocèses.

Guzman Carriquiry: Jean-Paul II le disait aussi toujours et le cardinal Ratzinger a été celui qui, avec le pape, est allé le plus loin dans l’encouragement et la réflexion approfondie sur l’existence, l’essence et la mission de ces mouvements. Mais il faut attendre d’écouter Benoît XVI là-dessus. Il donnera son message, et puis il y aura l’homélie du 3 juin. Le pape est quelqu’un qui prépare les choses avec une grande profondeur et une grande clairvoyance.

APIC/IMEDIA: Combien de mouvements ou de personnes attendez-vous ?

Guzman Carriquiry : Il y aura plus de 100 communautés et mouvements, beaucoup de groupes internationaux connus, mais aussi beaucoup de groupes locaux, nationaux et en processus de discernement.

Il y aura donc beaucoup de réalités nouvelles de ces dernières années. Nous attendons au moins 200’000 personnes. Il s’agira donc de l’événement le plus universel que le pape célèbrera à Rome au cours de l’année. Les fidèles viendront surtout d’Europe, mais aussi des Etats-Unis, d’Amérique latine et des autres continents.

APIC/IMEDIA: Qu’est-ce qui a changé depuis 1998 pour ces mouvements et communautés ?

Guzman Carriquiry: Jean Paul II, à la fin mai 1998, exhortait les mouvements à prendre un chemin de maturité ecclésiale. Cette maturité ecclésiale est la maturation de toute la richesse spirituelle, éducative, missionnaire des mouvements, une participation plus décidée et plus généreuse dans la mission ad gentes de l’Eglise. Cette maturité ecclésiale est aussi une maturité dans la communion, avec les diverses églises locales, avec les évêques. Le thème de la maturité ecclésiale sera donc l’un des thèmes du Congrès mondial des mouvements. Propos recueillis à Rome par Ariane Rollier, agence I.MEDIA pour l’APIC (apic/imedia/vb)

11 mai 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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