Rapprocher les Eglises orthodoxes et l’Eglise catholique
Rome: Vers une reprise des travaux de la Commission avec les orthodoxes
Rome, 25 novembre 2004 (Apic) Jean Paul II désire que soit organisée une rencontre de la Commission mixte de dialogue théologique avec les Eglises orthodoxes. Il devrait exprimer ce souhait lors de sa rencontre avec le patriarche oecuménique de Constantinople le 27 novembre.
Jean Paul II devrait une nouvelle fois exprimer son désir d’une reprise des travaux de la Commission mixte internationale de dialogue théologique avec les orthodoxes, lors de sa rencontre avec Bartholomé Ier, le 27 novembre 2004. Le patriarche oecuménique de Constantinople sera en visite au Vatican pour recevoir des mains du pape les reliques de deux grands saints du premier millénaire, rendues à la vénération des fidèles de l’Eglise de Constantinople.
A l’occasion de la célébration oecuménique de remise des reliques des saints évêques Jean Chrysostome (349-407) d’Antioche et Grégoire de Nazianze (330- 390) de Cappadoce, prévue samedi matin 27novembre dans la Basilique Saint- Pierre, le pape pourrait insister auprès des orthodoxes de Constantinople, pour qu’une nouvelle rencontre soit organisée entre l’Eglise catholique et l’ensemble des Eglises orthodoxes. La dernière rencontre de ce genre remonte à juillet 2000, à Baltimore, aux Etats-Unis. Au cours de cette ultime réunion, les questions de prosélytisme (chef d’accusations des orthodoxes à l’encontre de l’Eglise catholique) et d’’uniatisme’ (rattachement à Rome de certaines Eglises de rite byzantin, notamment de l’Eglise greco-catholique en Ukraine) avaient envenimé les travaux.
Lors de la dernière visite du patriarche Bartholomé Ier au Vatican, pour la fête des saints Pierre et Paul, le souverain pontife avait déjà fait part, lors de l’Angélus du 4 juillet 2004, de sa «volonté de poursuivre et même d’intensifier le dialogue oecuménique, aussi bien sur le plan des relations fraternelles – dialogue de la charité – que sur celui de la confrontation doctrinale – dialogue de la vérité -».
Une Commission créée en 1979
C’est le 30 novembre 1979, lors de la visite de Jean Paul II à Istanbul en Turquie, que le pape et le patriarche oecuménique de Constantinople, à l’époque Dimitrios Ier, avaient annoncé l’ouverture d’un canal de dialogue officiel entre l’Eglise catholique et les Eglises orthodoxes, par le biais de la création d’une commission mixte de dialogue théologique. Au mois de juin 1980, celle-ci s’était rassemblée pour la première fois sur les îles de Patmos et de Rhodes, en Grèce. Puis, des réunions plénières avaient eu lieu à Munich (1982), en Crète (1984), à Bari en Italie (1986, 1987), en Finlande (1988), à Freising en Allemagne (1990), puis à Balamand au Liban (1993).
Signée le 23 juin 1993, la déclaration commune de Balamand – qui d’une part rejetait le principe de l’uniatisme, et d’autre part affirmait l’existence des Eglises orientales catholiques déjà constituées – a été mal reçue dans le monde orthodoxe, et est restée une pierre d’achoppement au dialogue entre catholiques et orthodoxes. Aucune autre réunion de ce genre n’avait eu lieu jusqu’à celle de Baltimore du 9 au 19 juillet 2000, au lieu de juin 1999, comme initialement prévue.
Intensifier le dialogue sur le plan relationnel et sur le plan doctrinal, tel est également l’objectif de l’envoi chaque année, d’une délégation romaine à Istanbul le 30 novembre, pour la fête de saint André, et de la venue d’une délégation du patriarcat de Constantinople à Rome, le 29 juin, pour la fête des saints Pierre et Paul.
Le cardinal Kasper en Turquie fin novembre 2004
Cette année, la délégation vaticane, conduite par le président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, le cardinal allemand Walter Kasper, se rendra en Turquie du 27 novembre au 1er décembre. Elle devrait rencontrer, comme tous les ans, la Commission synodale orthodoxe pour les relations avec l’Eglise catholique.
Les travaux devraient aussi porter sur une procédure à mettre en place pour la préparation d’une prochaine rencontre théologique internationale, telle qu’elle a été voulue par Jean Paul II. L’étape suivante sera celle de la convocation d’un comité de préparation pour cette éventuelle rencontre. Il en fixerait la date et le sujet des débats, affirme-t-on au Vatican. La difficulté majeure semble être celle de pouvoir réunir autour d’une même table toutes les Eglises orthodoxes.
Lors des sessions de travail dont l’une a eu lieu en juin 2004 à Rome et l’autre aura lieu à Istanbul en novembre, les délégations catholique et orthodoxe planchent sur les avancées du dialogue théologique avec toutes les Eglises orthodoxes. C’est aussi l’occasion d’un échange sur des questions d’actualité, par exemple celle de la collaboration des deux Eglises au niveau européen. En outre, les délégations s’informent réciproquement de leurs questions internes. Le Saint-Siège devrait ainsi parler à Constantinople du prochain Synode sur l’Eucharistie, auquel le patriarche devrait envoyer une délégation. (apic/imedia/bb/vb)



