Rome: Visite «ad limina» des évêques du Venezuela

Benoît XVI encourage la stabilité sociale

Rome, 8 juin 2009 (Apic) Benoît XVI a encouragé lundi «la stabilité sociale» et une vie en commun harmonieuse au Venezuela, en recevant au Vatican un groupe d’une quarantaine d’évêques de ce pays sud-américain en visite «ad Limina».

Le pape leur a en outre demandé d’»encourager le zèle pastoral parmi les prêtres», à quelques jours du début de l’année sacerdotale, qui s’ouvrira le 19 juin prochain.

En recevant en audience 42 évêques vénézuéliens dans la Salle du Consistoire, Benoît XVI les a ainsi encouragés à oeuvrer pour «la recherche du bien commun (…), la stabilité sociale» et une vie en commun harmonieuse dans leur pays. Le pape a en outre salué leur «engagement» pour transmettre «la lumière de l’Evangile sur les événements de grande importance qui affectent» le Venezuela.

«Les défis que vous devez affronter dans votre travail pastoral sont de plus en plus abondants et difficiles», a-t-il poursuivi, précisant que ces défis ont été «accrus ces derniers temps par une grave crise économique mondiale». Cependant, le pape a souligné que «le moment actuel (offrait) également de nombreuses et véritables raisons d’espérance».

Le climat entre la hiérarchie catholique, hostile au président Chavez et à son gouvernement, est toujours aussi tendu. De nombreux évêques ne cachant pas leur sympathie à l’égard de l’opposition et de la droite de ce pays. Les tensions ont encore été marquées par des quelques attaques contre la nonciature à Caracas.

Le pape a par ailleurs invité les évêques sud-américains à continuer à encourager «les nombreuses initiatives de charité de l’Eglise du Venezuela», notamment à l’égard de leurs «frères les plus indigents».

Les évêques vénézuéliens sont en visite ad limina du 1er au 18 juin. Leur dernière visite remonte à juin 2002, sous le pontificat de Jean Paul II. APIC

Encadré

Une visite «ad limina», c’est quoi, au juste?

La visite «ad limina» des évêques du Venezuela sera suivie par celle des évêques vietnamiens. «Ad limina apostolorum»: cette expression latine signifie, mot pour mot, «au seuil des apôtres» et désigne le siège de la chrétienté, c’est-à-dire le Vatican. La visite «ad limina» est l’obligation pour les évêques et tous les prélats ayant une juridiction territoriale, de se rendre auprès des tombeaux des apôtres Pierre et Paul et à cette occasion, de rencontrer le pape auquel ils font un rapport sur l’état de leur diocèse.

Tout au long de l’année, le pape reçoit donc les Conférences épiscopales du monde entier. Lorsque la Conférence épiscopale est trop importante, les évêques viennent à Rome en groupes successifs souvent regroupés par province ou par région. Dans le cas de certains pays où les évêques sont très peu nombreux, ceux-ci viennent dans un groupe rassemblant plusieurs pays voisins. C’est, par exemple, le cas des évêques d’Afrique du Nord.

Deux mois avant de venir à Rome les évêques doivent faire parvenir à la Congrégation pour les évêques, un rapport sur l’état de leur diocèse comportant un certain nombre de chiffres (fidèles, prêtres, sacrements…), ainsi qu’une évaluation sur la vie diocésaine. Ces rapports sont ensuite envoyés par le dicastère en charge des évêques à certains autres dicastères, en fonction des sujets qui y sont abordés. Ils servent également aux collaborateurs du pape pour rédiger le discours que celui-ci adressera aux évêques au terme de leur visite.

Au cours de leur séjour à Rome, qui varie d’une à deux semaines, les évêques se rendent dans la plupart des grandes Congrégations de la curie à la rencontre des responsables de ces dicastères. Chaque évêque est par ailleurs reçu par le pape lors d’une audience individuelle qui dure généralement entre 5 et 15 minutes, et se tient dans sa bibliothèque au deuxième étage du Palais apostolique du Vatican. Certains prélats ont indiqué que Benoît XVI, lors de ces audiences, parlait peu mais écoutait beaucoup. Lors de ces rencontres, les prélats sont souvent invités par le pape à lui montrer dans un grand Atlas où se situe leur diocèse.

Si ces visites doivent logiquement intervenir tous les 5 ans, certains évènements ecclésiaux peuvent en retarder la cadence. Ainsi, à ce jour, elles ont plutôt lieu tous les 7 ans. Le 16 mars 2009, Benoît XVI avait souligné l’importance de ces visites «ad limina» en déclarant aux évêques d’Argentine qu’il s’agissait d’un «moment significatif dans la vie de tous ceux qui se voient confier la charge pastorale d’une partie du peuple de Dieu».

Historiquement, c’est Sixte V (1585-1590) qui, en 1585, définit les normes de la visite Ad limina. Le 31 décembre 1909, Pie X (1903-1914) décréta que tous les évêques devaient donner leur compte rendu au pape tous les 5 ans à partir de 1911. (apic/imedia/ami/cl/lb/pr)

8 juin 2009 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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