Rome: Visite ad limina des évêques indonésiens

«La religion ne doit jamais se faire l’avocate de la violence»

Rome, 30 mars 2003 (Apic) Lors de sa rencontre avec les évêques d’Indonésie venus en visite ad limina au Vatican, Jean Paul II a souligné le 29 mars que «la guerre ne doit jamais permettre de diviser les religions» et a invité les catholiques indonésiens à profiter de cette période et du bon niveau de dialogue avec le monde musulman pour travailler ensemble à la recherche de la paix.

Insistant ainsi sur le «niveau notable» du dialogue inter religieux «au niveau institutionnel», Jean Paul II a souligné que «même dans une région dominée par l’islam l’Eglise est activement présente dans les orphelinats, les cliniques, les institutions dédiées aux plus pauvres». Pour cette raison, «dans un moment de haute tension au plan international», le pape a encouragé les prélats de profiter de cette occasion pour «travailler ensemble, comme des frères impliqués dans la recherche de la paix», parce que «la guerre ne doit jamais permettre de diviser les religions».

«La liberté de religion est une caractéristique traditionnelle de la société indonésienne, garantie par la constitution nationale», a­t-il souligné tout en précisant que «l’Eglise doit toujours rester vigilante afin de s’assurer que ces principes soient respectés au niveau fédéral et au niveau local».

Jean Paul II est ainsi revenu sur la situation de chrétiens «qui ont soufferts de discriminations et de préjudices, alors que d’autres ont été victimes d’actes de destruction et de vandalisme». «Dans certaines régions, a-t-il noté, les communautés chrétiennes n’ont pas été autorisées à construire des lieux de rencontre et de prière». Il a, en outre, rappelé le «terrible acte terroriste de Bali» en insistant sur le fait que «la religion authentique ne doit jamais se faire l’avocate d’acte terroristes ou de violence», mais plutôt «chercher à promouvoir par tous les moyens l’unité et la paix de la famille humaine».

«Une des voies la plus efficiente pour les chrétiens d’aider les pauvres passe par l’éducation», a encore affirmé le pape. «Malgré le fait que les catholiques représentent une toute petite part de la population, ils ont développé un large et respecté système scolaire et l’Eglise, dans le champ de l’éducation, est reconnue pour apporter une contribution majeure à la société indonésienne et demeure un moyen effectif de transmission des valeurs de l’Evangile».

Dans son discours à Jean Paul II, le président de la Conférence épiscopale, le cardinal Julius Riyadi Darmaatmadja, avait en effet affirmé que «la corruption est partout, tout le monde et tous les groupes pensent à gagner de l’argent, de bonnes positions et le pouvoir. Personne ne pense au bien commun.» Concernant le dialogue islamo-chrétien, il a souligné que dans les régions où n’existe pas un véritable sens de la communauté «chaque petit prétexte peut devenir une grosse affaire et dégénérer en un véritable conflit religieux».

Réception du président du parlement de Slovaquie

Ce même jour, Jean Paul II a, en outre, reçu le président du parlement de Slovaquie, Pavol Hrusovsky. Ce dernier s’est ensuite entretenu avec le cardinal secrétaire d’Etat, Angelo Sodano et avec Mgr Jean-Louis Tauran, Secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats. Outre les questions de la paix en Irak, il a abordé les questions des accords bilatéraux avec l’Etat Slovaque et du voyage prévu de Jean Paul II en Slovaquie, en septembre prochain. (apic/imedia/sh)

30 mars 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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